Le réchauffement climatique, premier responsable de la surchauffe des mers européennes
19 août 2026 à 13h42
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Une étude du collectif World Weather Attribution (WWA), parue le 19 août, alerte sur la surchauffe des mers européennes cet été, causée par le réchauffement climatique. « Cette année, les températures élevées de surface de la mer ont été remarquables non seulement par leur intensité, mais aussi par leur précocité », conclut l’équipe de chercheurs. Thomas Frölicher, de l’université de Berne et co-auteur de l’étude, précise que « de l’Atlantique au large de l’Irlande jusqu’à la Méditerranée, les mers européennes connaissent une hausse alarmante de leurs températures ». En juin, certaines zones de la mer Méditerranée ont enregistré des températures jusqu’à 5 °C au-dessus des normales saisonnières.
Selon le rapport du WWA, environ les deux tiers des anomalies de température observées dans les mers européennes sont attribuables au réchauffement climatique. Les chercheurs ont utilisé des données d’observation sur les quatorze jours les plus chauds de l’année et des modèles climatiques pour comparer le climat actuel à un climat hypothétique sans réchauffement d’origine humaine. Ils estiment que la contribution humaine à l’élévation des températures globales a ajouté environ 2 °C aux eaux méditerranéennes, 1,4 °C dans le golfe de Gascogne et 1,3 °C dans la région celtique durant cet été.
Ces événements, qui auraient été très rares sans le réchauffement climatique, sont désormais fréquents. Des températures de surface des mers qui se produisaient tous les 350 à 1 200 ans se manifestent maintenant tous les 5 ans, voire chaque année. Si cette tendance se poursuit, les chercheurs préviennent que les événements observés en 2026 pourraient être encore plus chauds de 1,3 à 1,9 °C.
Les vagues de chaleur marines se sont également étendues. En 2026, elles touchent 90 % de la zone du golfe de Gascogne et de la côte ibérique, ainsi que 80 % de la Méditerranée occidentale. En Méditerranée orientale, près de 70 % de la zone est actuellement touchée par des canicules marines, contre seulement 9 % dans un climat plus frais.
L’observatoire européen Copernicus a déjà alerté que les océans mondiaux ont atteint, en juillet, une chaleur record pour le deuxième mois consécutif. Cette surchauffe des mers a de graves conséquences pour la vie marine, pouvant entraîner la mortalité massive de coraux, d’éponges et d’algues, perturber la répartition des espèces et leurs chaînes alimentaires, et réduire les populations d’oiseaux marins et de mammifères. Elle pourrait également rendre des phénomènes climatiques régionaux plus destructeurs, tels que des épisodes de pluies extrêmes.
« Par conséquent, une transition rapide vers une économie décarbonée est essentielle pour préserver les écosystèmes, la pêche, la production alimentaire et le tourisme sur les côtes européennes », rappellent les auteurs de l’étude.
(Source : World Weather Attribution)



