« Le pin est une véritable boîte d’allumettes »

Près de 43 000 hectares de forêts brûlés en France en 2026

Entre le 1er janvier et le 22 juillet 2026, près de 43 000 hectares de forêts ont été détruits par des incendies en France hexagonale, selon le Système européen d’information sur les feux de forêts (Effis). Sylvain Angerand, ingénieur forestier et directeur de l’association Canopée, souligne la nécessité d’intégrer le risque d’incendie dans la gestion et l’aménagement des massifs forestiers.

Les forêts françaises, en particulier la forêt landaise, se trouvent dans une situation critique. Angerand explique que ces écosystèmes souffrent du changement climatique, avec des canicules précoces et récurrentes. Dans le contexte actuel de sécheresse, les conditions sont propices à des incendies de grande ampleur. Les forêts de pins maritimes, en particulier, sont particulièrement vulnérables. Les pins, âgés de 10 à 30 ans, sont décrits comme des « boîtes d’allumettes », n’acquérant une résistance aux incendies qu’en vieillissant.

Historiquement, la forêt landaise était une zone humide riche en biodiversité, mais elle a été transformée en vastes plantations de pins maritimes depuis Napoléon. Cette sylviculture intensive et les monocultures de résineux aggravent la vulnérabilité aux incendies. Angerand indique qu’il est possible d’introduire environ 20 % de feuillus adaptés aux sols sableux de la région, mais la filière bois n’encourage pas cette diversification.

La politique actuelle du gouvernement français, notamment le plan d’Emmanuel Macron visant à renouveler 10 % de la forêt française, a été critiquée pour privilégier la replantation de pins maritimes, une essence moins coûteuse. Cette approche pourrait mener à une forêt encore plus fragile et moins diversifiée.

Les moyens alloués à la prévention et à la lutte contre les feux de forêt ont été réduits, ce qui soulève des inquiétudes quant à la capacité de réponse face à l’augmentation des incendies. Les sapeurs-pompiers volontaires, souvent mal indemnisés, atteignent leurs limites, et le matériel de lutte contre les incendies est vieillissant.

Dans un avenir proche, il est crucial d’adopter une approche de gestion forestière à l’échelle des massifs, en évitant les pratiques de drainage qui ne conviennent plus. Une concertation entre scientifiques et élus locaux est nécessaire pour restaurer les écosystèmes forestiers et améliorer leur résilience face aux incendies.

Source : Système européen d’information sur les feux de forêts (Effis).

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