Le Pérou bascule à l’extrême droite avec l’élection de Keiko Fujimori
30 juin 2026 à 17h35

Durée de lecture : 2 minutes

Après la Colombie, le Pérou bascule à l’extrême droite. Keiko Fujimori, fille de l’ancien autocrate Alberto Fujimori, a été élue présidente du pays à l’issue d’un mois de dépouillement. La dirigeante du parti Fuerza Popular (FP, Force populaire), qui représente un éventail allant de la droite conservatrice à l’extrême droite autoritaire, prendra ses fonctions le 28 juillet pour un mandat de cinq ans.

Elle a remporté l’élection avec une avance très serrée, seulement 50 000 voix sur 18 millions de bulletins, face à son adversaire de gauche radicale, Roberto Sanchez de Juntos por el Peru (Ensemble pour le Pérou). Ce dernier a dénoncé des irrégularités administratives concernant les votes à l’étranger et a déclaré qu’il ne reconnaîtrait pas sa défaite.

Procédure judiciaire pour blanchiment d’argent

Âgée de 51 ans, Keiko Fujimori s’inscrit dans la continuité du modèle néolibéral instauré par la Constitution de 1993, sous le régime de son père. Alberto Fujimori, dont elle revendique l’héritage, a été condamné en 2009 à vingt-cinq ans de prison pour crimes contre l’humanité, en raison de sa répression des guérilleros communistes du Sentier lumineux dans les années 1990. Il a également été à l’origine d’une campagne de stérilisations forcées de femmes autochtones, faisant plus de 300 000 victimes.

Keiko Fujimori a également fait face à des accusations de blanchiment d’argent, ayant été soupçonnée d’avoir reçu au moins 1,2 million de dollars (1 million d’euros) de l’entreprise brésilienne de BTP Odebrecht. Elle a purgé plusieurs séjours en prison entre 2018 et 2020, avant que les poursuites ne soient annulées en 2025.

Dans la lignée de son père, elle a promis d’exercer le pouvoir d’une « main de fer » et de « ramener l’ordre » dans un pays marqué par l’instabilité politique et l’expansion du crime organisé. Parmi ses engagements de campagne, elle a annoncé son intention d’expulser les exilés en situation irrégulière, d’accroître la présence militaire dans les rues et de construire des mégaprisons.

Source : Reporterre

Source