Le domaine de la fripe recouvre des modèles très différents
La recherche menée par Emmanuelle Durand met en lumière la diversité des modèles qui composent l’industrie de la fripe, souvent perçue comme un secteur homogène. En effet, il est plus approprié de parler des « fripes » au pluriel, tant les approches sociales, économiques et écologiques varient d’une filière à l’autre.
Durand souligne l’importance de complexifier un sujet qui peut sembler banal. Son étude ethnographique vise à explorer les dérives de certaines filières globalisées, tout en mettant en avant des modèles plus vertueux, qui nécessitent souvent des efforts considérables pour fonctionner. La question centrale de sa recherche est celle de la production de la fripe : pour qu’un vêtement jeté redevienne désirable, il faut un processus de travail et un système de production en place.
Cette analyse s’inscrit dans un contexte où l’industrie de la mode fait face à des critiques croissantes concernant son impact environnemental. En France, selon les données de l’INSEE, environ 700 000 tonnes de textiles sont mises sur le marché chaque année, et une part significative de ces vêtements finit par être jetée. Ce constat souligne l’urgence de repenser les systèmes de production et de distribution dans le secteur de la mode, y compris dans le domaine de la fripe.
Ainsi, l’étude d’Emmanuelle Durand appelle à une réflexion approfondie sur la manière dont les vêtements sont recyclés et revalorisés, et à l’importance d’une approche plus nuancée pour appréhender les enjeux liés à la fripe.
Source : Emmanuelle Durand
