L’Assemblée nationale s’oppose à la relance des hydrocarbures dans les outre-mer

L’Assemblée nationale s’oppose à la relance des hydrocarbures dans les outre-mer

12 juin 2026 à 12h16

Jeudi 11 juin, les députés ont rejeté, par 74 voix contre 64, une proposition de loi visant à relancer la recherche d’hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer. Ce texte contredisait la loi Hulot de 2017, qui interdit les nouvelles concessions d’exploitation d’hydrocarbures en France, tant sur terre qu’en mer.

Déposé par le sénateur guyanais Georges Patient (groupe macroniste), le texte avait été adopté au Sénat, mais a rencontré une forte opposition de la part des députés de gauche et écologistes, principalement pour des raisons environnementales. Cependant, plusieurs députés ultramarins, issus de divers groupes politiques comme les communistes, le RN-UDR, Horizons et LR, l’ont soutenu.

Le rapporteur du texte, l’indépendantiste Jean-Victor Castor (groupe GDR), a exprimé sa déception, dénonçant « une façon paternaliste de nous dire ce qui est bon ou pas pour nous », selon l’AFP. Ce débat parlementaire est également lié à des enjeux de développement en Guyane, où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les élus guyanais voient dans l’exploitation d’hydrocarbures une possible solution à cette situation difficile.

Du côté de l’opposition, la députée écologiste Julie Laernoes a qualifié ce texte de « démission écologique » et de menace pour des territoires déjà vulnérables au changement climatique. Le député LFI Maxime Laisney a souligné que les bénéfices des grandes entreprises pétrolières ne profitent que rarement aux populations locales.

Des associations environnementales, telles que Les Amis de la Terre France, ont salué le résultat du vote, affirmant que les députés avaient évité d’ancrer un recul environnemental majeur dans la législation française. Elles ont également évoqué les dangers d’une France à deux vitesses, où certains territoires ultramarins pourraient devenir « polluables », en écho au scandale du chlordécone.

Ce rejet de la proposition de loi souligne les tensions entre le développement économique et la protection de l’environnement, un sujet qui continue de susciter des débats passionnés au sein de l’Assemblée nationale et au-delà.

Source : Assemblée nationale, AFP

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