Sortie du charbon : la France à contre-courant de la politique de Donald Trump
Alors que Donald Trump a annoncé, le 4 juin, son intention de relancer le charbon aux États-Unis avec un investissement de 700 millions de dollars, la France poursuit sa trajectoire de sortie de ce combustible fossile. Lors de sa première campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de fermer toutes les centrales à charbon françaises d’ici 2022. Bien que la guerre en Ukraine et la crise énergétique aient retardé cette échéance, des progrès notables ont été réalisés.
En 2021, les centrales à charbon EDF du Havre et GazelEnergie à Gardanne ont été fermées, laissant deux centrales encore en activité : celle de Saint-Avold en Moselle, propriété de GazelEnergie, et la centrale EDF de Cordemais en Bretagne. Ces deux sites ont reçu une dérogation pour reporter leur fermeture à 2027, en raison de la crise énergétique.
0,13 % de la production d’électricité dans l’hexagone
La contribution de ces centrales à la production électrique nationale demeure marginale. Selon RTE, elles ont produit près de 725 GWh en 2024, représentant seulement 0,13 % du mix énergétique français. En 2000, le charbon avait une part de 5 % dans ce mix. À l’échelle mondiale, le charbon représente encore 35 % de l’énergie utilisée.
En 2025, l’Assemblée nationale a adopté une loi visant à convertir ces deux dernières centrales vers des combustibles moins polluants. D’ici le 31 décembre 2026, EDF doit soumettre un plan de production d’électricité pour Cordemais, avec un objectif d’émissions inférieur à 550 g CO₂/kWh, ce qui implique une réduction de 40 à 50 % par rapport à l’utilisation du charbon.
Des reconversions à l’horizon
Le groupe GazelEnergie envisage de transformer le site de Saint-Avold en « hub énergétique », avec des projets de production d’électricité à partir de biogaz et l’implantation d’un data center. D’autres centrales, comme celles de Bois-Rouge et du Gol à La Réunion, ainsi que celle au Moule en Guadeloupe, ont déjà été converties pour produire de l’électricité à partir de biomasse.
La « fin du charbon » en France, prévue d’ici 2030, concerne la production d’électricité, mais ne s’étend pas à son utilisation dans l’industrie, qui représente environ 28 % des émissions de gaz à effet de serre dans le pays. Le charbon reste ainsi un intrant dans plusieurs procédés industriels, notamment dans la métallurgie.
À long terme, la décarbonation de l’économie nécessitera de réduire ces usages industriels, avec des alternatives en cours d’exploration, comme l’hydrogène bas carbone ou les fours électriques.
Source : La Croix
