La COP17 sur la désertification se termine sans consensus sur des actions concrètes.

La COP17 contre la désertification s’achève… sans prise de décision

29 août 2026 à 10h07

Durée de lecture : 4 minutes

Oulan-Bator (Mongolie), reportage

La COP18 sur la lutte contre la désertification est confirmée pour dans deux ans à Charm el-Cheikh, en Égypte. Cette annonce a été accueillie avec soulagement par les négociateurs présents à la COP17 d’Oulan-Bator, qui s’est achevée le 28 août. « On a sauvé la COP », a déclaré une source diplomatique.

Aucune décision concrète n’a été prise durant ces quinze jours de discussions. Un des principaux points de tension concernait le financement de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification. Les négociateurs américains avaient initialement l’intention de réduire la contribution des États, ce qui aurait pu compromettre l’existence même de la Convention. Finalement, les États-Unis ont décidé de maintenir le budget annuel de la Convention à environ dix millions d’euros.

Un autre sujet central de cette COP a été la sécheresse. Lors de la COP16 en Arabie saoudite en 2024, les pays n’avaient pas réussi à établir un cadre contraignant, une demande forte des pays africains. Le même résultat a été observé à la COP17, où les États ont choisi de reporter la discussion à la COP18. « La création d’un instrument mondial sera rediscutée dans deux ans », a déclaré Yasmine Fouad, la secrétaire exécutive de la Convention.

Des fonds ont été annoncés, incluant 1,3 milliard de dollars pour la restauration des terres à travers 45 projets dans 23 pays. Toutefois, la Convention des Nations unies estime qu’il faudrait un milliard de dollars par jour d’ici 2030 pour restaurer les terres dégradées à l’échelle mondiale.

« C’est une honte »

Malgré ces annonces, l’absence de solutions concrètes suscite des critiques. Patrice Burger, président du Cari, une association de lutte contre la désertification, a exprimé son mécontentement : « C’est une honte. Cette Convention risque d’être extrêmement affaiblie et de nourrir la polémique autour de l’inutilité des deux autres COP, celles pour la biodiversité et le climat. »

Jean-Luc Chotte, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), a ajouté : « Face à l’urgence, les résultats de la COP17 restent en deçà de l’ambition nécessaire. Des blocages ont empêché des avancées sur plusieurs questions essentielles. » Ces points ont été bloqués par les États-Unis dès le début des négociations, créant des tensions immédiates.

La société civile a tenté de faire entendre sa voix à travers des manifestations et des conférences de presse. Ellen Otaru Okoedion, représentante de la société civile tanzanienne, a exprimé sa déception quant à son exclusion des discussions officielles. En réponse, Yasmine Fouad a déclaré que la société civile avait été impliquée dans des caucus sur divers sujets, mais a souligné que cela ne garantissait pas des décisions concrètes.

En dépit de l’absence de résultats significatifs, Yasmine Fouad a tenté de rester optimiste : « À chaque COP, autour de tout accord environnemental multilatéral, on ne peut pas dire que c’est facile. Plus les années passent, plus c’est difficile. »

Source : Reporterre

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