Un projet de data center à 1,5 milliard d’euros suspendu par la justice

Projet de data center à 1,5 milliard d’euros suspendu par la justice

Alixan (Drôme), 24 juillet 2026 à 15h46 — Le tribunal administratif de Grenoble a suspendu, le 10 juillet dernier, le permis de construire d’un data center de la start-up Sesterce, projeté dans la zone d’activité de Rovaltain, près de Valence TGV. Cette décision fait suite à des recours formulés par des militants écologistes qui estiment que le projet nécessite une étude d’impact environnemental, compte tenu de sa taille.

Sesterce, qui prévoit d’investir 1,5 milliard d’euros dans ce centre spécialisé en intelligence artificielle, se voit ainsi confrontée à un coup d’arrêt. L’avocat Louis Cofflard, représentant des opposants, souligne qu’il s’agit d’une première suspension en référé pour un projet de data center en France.

Derrière cette contestation se trouve un collectif regroupant des associations telles que Les Amis de la Terre et Attac, qui ont découvert l’existence du projet en janvier 2026, après que le permis ait été délivré le 18 décembre 2025. Les militants ont agi rapidement, ayant un mois pour analyser le dossier et introduire leur recours.

Les besoins en électricité sous-estimés

Un des principaux points de contestation concerne la consommation électrique du site. Le plan local d’urbanisme interdit les installations nécessitant une autorisation si leur puissance dépasse 50 mégawatts (MW). Sesterce a déclaré avoir besoin de 40 MW, évitant ainsi l’obligation d’une étude d’impact. Cependant, les opposants affirment que les besoins réels pourraient atteindre 60 MW.

Le juge des référés a noté dans son ordonnance que le projet avait été autorisé dans son intégralité, ce qui soulève des doutes quant à la légalité du permis accordé. Sesterce conteste cette interprétation et prévoit de saisir le Conseil d’État pour annuler la décision du tribunal.

Conséquences

Bien que la suspension soit temporaire, elle soulève des questions sur la viabilité du projet et sur l’application des réglementations environnementales dans le cadre de l’urbanisme industriel en France. Les opposants se disent encouragés par cette décision et envisagent de renforcer leurs actions contre d’autres projets similaires à travers le pays.

Source : Reporterre

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