Jeunesse népalaise appelle à la justice climatique contre les grands pays émetteurs après une crue dévastatrice.

Après la crue dévastatrice, la jeunesse du Népal réclame la justice climatique contre les « grands pays émetteurs »

Après la crue dévastatrice, la jeunesse du Népal réclame justice climatique contre les « grands pays émetteurs »

Le 26 août, une rupture de montagne et de glacier à plus de 5 000 mètres d’altitude a provoqué une crue dévastatrice dans les vallées népalaises, entraînant la mort de 1 388 personnes et laissant 5 130 disparus. Cette catastrophe, qui a frappé des communautés entières, a suscité une vive réaction de la jeunesse népalaise, qui dénonce les conséquences du changement climatique et l’inaction des grandes puissances émettrices de gaz à effet de serre.

Selon le centre Icimod de Katmandou, le réchauffement climatique, qui affecte les glaciers népalais deux fois plus rapidement que dans d’autres régions, augmente la fréquence et l’intensité de telles catastrophes. La militante Jasmine Ojha, fondatrice de l’ONG Smile Nepal, souligne que cette situation n’est pas seulement le résultat d’une catastrophe naturelle, mais aussi d’un « système corrompu et court-termiste » qui compromet l’avenir des jeunes népalais.

Arnab Chaudhary, avocat engagé pour le droit environnemental, appelle à l’application du principe du pollueur-payeur au niveau international. Il insiste sur la nécessité pour les pays émetteurs de soutenir les nations vulnérables comme le Népal par des subventions non remboursables.

La jeunesse népalaise, qui représente près de la moitié de la population, est devenue un acteur clé dans la lutte pour la justice climatique. Le pays, qui ne contribue qu’à moins de 0,1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, devrait voir son économie perdre 7 % de sa valeur d’ici 2050 à cause du manque d’infrastructures résilientes face aux catastrophes.

Atal Dev Dhakal, membre de Youngo, plateforme des jeunes pour le climat de l’ONU, souligne que le Népal manque d’infrastructures d’alerte adaptées aux catastrophes soudaines. Le pays nécessite plus de 40 milliards d’euros d’ici 2050 pour son plan d’adaptation, mais les financements internationaux restent insuffisants. Le ministre des Finances a estimé que les réparations liées à la récente catastrophe pourraient dépasser 4 milliards d’euros.

Le nouveau Premier ministre, Balendra Shah, a pris la parole au Parlement pour sensibiliser la communauté internationale à la vulnérabilité climatique du Népal, un message qui a été relayé par son ministre des Affaires étrangères. Les jeunes militants népalais appellent à une prise de conscience accrue des enjeux climatiques dans le débat public et encouragent chacun à agir, que ce soit par l’artivisme, le militantisme ou les manifestations.

La Gen Z népalaise est de plus en plus consciente que les inégalités exacerbent la vulnérabilité au changement climatique. Jasmine Ojha insiste sur la nécessité de donner la parole aux communautés marginalisées, qui sont souvent les plus touchées par ces crises.

Alors que l’attention mondiale commence à faiblir, les jeunes leaders népalais appellent à maintenir la pression sur les décideurs pour que la lutte contre le changement climatique reste une priorité.

Sources : Reporterre, Icimod.

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