« C’est du mépris de classe » : une mairie profite des incendies pour supprimer des jardins familiaux

Des jardins familiaux menacés après les incendies à Ille-sur-Têt

Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales), reportage — Près de 80 personnes se sont rassemblées le 3 août devant l’hôtel de ville d’Ille-sur-Têt, pour manifester contre la décision de la municipalité de supprimer dix-neuf jardins familiaux, une semaine après les incendies de Trévillach qui ont ravagé 4 900 hectares. La mairie, dirigée par Alain Fabresse, a justifié cette me par la nécessité de créer une ceinture de protection contre les incendies.

Les bénéficiaires de ces jardins, souvent utilisés par des familles à faibles revenus depuis 1949, ont été informés de cette décision par un simple courrier, sans préavis. Ils ont seulement quelques semaines pour récupérer leurs affaires avant que la mairie ne procède à la remise en état du site.

Les jardiniers, comme Hayat, mère de quatre enfants, décrivent ces espaces comme essentiels à leur vie quotidienne. « Ces jardins, on les travaille. Même s’ils appartiennent à la ville, on n’a pas le droit de nous les reprendre comme ça ! » a-t-elle déclaré lors de la manifestation. D’autres, comme Michèle, membre de l’association En commun 66, soulignent l’importance de ces jardins dans un contexte où les produits alimentaires deviennent de plus en plus coûteux.

La municipalité a évoqué des problèmes d’entretien sur certaines parcelles, tout en n’ayant pas pris soin des terrains adjacents, ce qui soulève des questions sur la véritable motivation de cette décision. Les usagers perçoivent cette action comme un moyen de se débarrasser de ces jardins, qualifiés auparavant de « bidonvilles » par des proches de la mairie.

Face à cette situation, une pétition est en cours et un recours administratif a été déposé. Une manifestation paysanne est également prévue dans les semaines à venir.

Source : Reporterre

Source