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Les incendies qui touchent le sud-ouest de la France soulèvent des préoccupations croissantes quant à la gestion des catastrophes climatiques. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a appelé à décréter l’« état d’urgence climatique » et à adopter une loi de programmation en procédure accélérée. Lors d’une conférence de presse le 27 juillet, elle a souligné que le pays avait atteint un « point de bascule » nécessitant des actions politiques concrètes.
Tondelier a déclaré : « Je ne vois pas comment on peut faire comme si de rien n’était, comment on repart à nos vies d’avant sans réaction politique, sans actes concrets et forts ». Elle a insisté sur la nécessité pour l’État de « mettre les moyens, planifier et réorienter ses politiques publiques », en mobilisant des ressources comparables à celles déployées pour soutenir l’Ukraine.
Élargir la protection sociale aux effets du dérèglement climatique
Les propositions des Écologistes incluent la création d’un « État-providence climatique », visant à protéger la population des effets du dérèglement climatique. Cela pourrait se traduire par un congé climatique, un soutien accru aux agriculteurs affectés par des pertes de récoltes, et une prise en charge des logements endommagés par le retrait-gonflement des argiles. Selon le parti, près de 20 millions de personnes seraient exposées à ces risques, alors que le régime d’assurance actuel ne suffirait plus à couvrir les dommages futurs.
Pour financer ces mes, les Écologistes proposent une contribution sur les bénéfices exceptionnels des sociétés pétrolières et gazières. Ils demandent également une réunion de crise rassemblant les forces politiques pour établir des engagements dès la rentrée.
« Il y a aussi beaucoup de pyromanes en politique »
Le parti a critiqué une sécurité civile jugée obsolète, avec seulement cinq des douze Canadair de la flotte française actuellement opérationnels. Depuis 2023, 500 des 1 000 camions-citernes promis ont été livrés, tandis qu’un millier de véhicules anciens doivent être retirés. La députée Sandra Regol travaille sur une proposition de loi sur la sécurité civile, dans un contexte de grèves des pompiers et d’intensification des interventions liées aux incendies.
Le député de Gironde, Nicolas Thierry, a affirmé que cette crise marquait l’entrée dans un « nouveau régime climatique ». Les forêts de pins maritimes, cultivées intensivement sur des sols sableux, sont particulièrement vulnérables, augmentant l’exposition des populations vivant à proximité des massifs forestiers. Thierry a souligné l’importance de prévenir les incendies plutôt que de se concentrer uniquement sur leur extinction.
La sénatrice de Gironde, Monique de Marco, a exprimé son inquiétude face à la situation, décrivant des forêts s’enflammant « comme des allumettes dans des zones inaccessibles par voie terrestre ». Elle a également dénoncé l’absence de masques FFP2, des commandes de 2 millions d’euros n’étant pas disponibles.
Marine Tondelier a critiqué la gestion forestière actuelle, qui privilégie les coupes rases et les plantations d’arbres à croissance rapide, soulignant que le puits de carbone forestier français s’est dégradé. Elle a également averti contre l’utilisation des départs de feu individuels comme excuse pour justifier des choix politiques défaillants : « Il y a aussi beaucoup de pyromanes en politique. »
Les Écologistes insistent sur la nécessité d’une réponse politique forte et coordonnée face à l’urgence climatique, afin d’éviter que ces catastrophes ne deviennent des événements oubliés dès que les intempéries s’atténuent.
Source : Reporterre
