Incendies en Gironde : comment les écologistes se retrouvent accusés à tort

Incendies en Gironde : Les écologistes accusés à tort

Les récents incendies qui ont ravagé la Gironde ont suscité des accusations envers les écologistes, notamment de la part de Bruno Lafon, président de l’association de défense des forêts contre l’incendie (DFCI) en Nouvelle-Aquitaine. Il a déclaré que la création de pare-feux, nécessaires pour limiter la propagation des incendies, se heurte à des normes environnementales restrictives.

Maire de Biganos, une commune évacuée pour des raisons de sécurité, Bruno Lafon a exprimé son mécontentement face à la réglementation qui, selon lui, complique les efforts de prévention des incendies. Dans plusieurs médias, il a affirmé que chaque initiative pour ouvrir des pare-feux ou curer des fossés rencontre des obstacles liés à la préservation de la biodiversité. Au micro de CNews, il a insisté sur le fait que le « bon sens paysan » doit primer sur les directives des « hauts fonctionnaires parisiens ».

Arthur Guérin-Turcq, géographe et auteur d’une thèse sur l’incendie de la forêt de la Teste-de-Buch, critique cette position. Il souligne que les véritables responsables de la situation sont souvent les pratiques de sylviculture intensive, et non les réglementations environnementales. Selon lui, le débat devrait se concentrer sur les compensations financières pour les sylviculteurs qui subissent des pertes dues à l’entretien des pare-feux.

Bruno Lafon a également évoqué des normes de la loi littorale qui compliquent la mise en place de pare-feux, mais n’a pas précisé combien d’études d’impact avaient freiné ces installations. Guérin-Turcq conteste cette vision, affirmant que les propriétaires forestiers eux-mêmes sont souvent à l’origine des blocages.

La gestion forestière en Gironde repose en grande partie sur des propriétaires privés, avec 90 % du massif géré par le Centre national de la propriété forestière (CNPF), qui est sous la tutelle de l’État. Les propriétaires, souvent liés à des coopératives comme Alliance Forêt Bois (AFB), sont soumis à une pression économique qui les pousse à privilégier la monoculture, notamment celle du pin maritime.

En 2022, après des incendies dévastateurs ayant détruit 30 000 hectares de forêt, Bruno Lafon avait reconnu que des pratiques de sylviculture devaient évoluer. Cependant, son discours a changé en 2026, se focalisant désormais sur les écologistes qu’il qualifie de « fondamentalistes », affirmant que leur influence complique la gestion forestière.

Les solutions pour ralentir la propagation des incendies existent, comme la diversification des essences d’arbres et la création de zones humides. Jean-Christophe Domec, professeur à Bordeaux Sciences Agro, propose des plans de gestion qui incluent des feuillus pour renforcer les pare-feux. Toutefois, Lafon reste sceptique quant à l’efficacité de ces mes, insistant sur la nécessité de sanctions plus sévères contre les incendiaires.

Les tensions entre les acteurs de la gestion forestière et les écologistes soulignent des enjeux complexes autour de la prévention des incendies en Gironde.

Source : Reporterre

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