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En Gironde, dans les Côtes-d’Armor, la Drôme, le Var, les Pyrénées-Orientales et à Fontainebleau, des incendies ravagent actuellement de vastes étendues de forêt. Le lundi 27 juillet, près de 68 000 hectares avaient déjà brûlé en France, selon les données du Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), un chiffre exceptionnellement élevé pour cette période de l’année. Ces flammes ont réduit en cendres des arbres vieux de plusieurs dizaines d’années.
Le changement climatique joue un rôle clé dans l’intensification et la propagation des incendies. D’après Météo-France, si la température moyenne en France devait augmenter de 4 °C d’ici la fin du siècle, le risque d’incendie pourrait s’étendre à l’ensemble du pays. Dans certaines régions, notamment le pourtour méditerranéen, la saison des feux pourrait s’allonger d’un à deux mois. Ce phénomène crée un cercle vicieux : lorsque les arbres brûlent, ils libèrent le carbone qu’ils contiennent, contribuant ainsi au dérèglement climatique.
Plus d’un million de tonnes de CO2
Selon les données de l’Effis, les feux de forêt en France ont déjà relâché 1,4 million de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère durant les sept premiers mois de l’année 2026. Ce niveau dépasse la moyenne des vingt dernières années, qui était d’environ 1 million de tonnes, représentant environ 0,25 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre du pays.
En 2022, la superficie brûlée à la même période était similaire, avec près de 44 000 hectares perdus au 22 juillet et un total de 66 000 hectares sur l’année. Ces incendies ont émis 4,4 millions de tonnes de CO2 selon l’Effis.
Des chercheurs ont récemment révisé ces chiffres à la hausse dans une étude publiée dans la revue Biogeosciences en 2025, indiquant que l’Effis sous-estime les émissions des feux de forêt. En tenant compte des émissions liées à la combustion de la matière organique du sol et d’autres éléments comme le lignite ou les tourbières, ils estiment que les incendies de 2022 auraient émis près de 8 millions de tonnes de CO2.
« Les surfaces sombres absorbent plus d’énergie solaire, ce qui contribue à réchauffer le climat localement. »
En 2022, ces émissions ont représenté environ 2 % des émissions totales de la France. Toutefois, ce chiffre ne prend pas en compte le carbone que les forêts auraient absorbé si elles étaient restées intactes. Normalement, ces forêts constituent un puits de carbone, absorbant chaque année 27 millions de tonnes de CO2. En 2022, les incendies ont réduit de 30 % la capacité d’absorption et de séquestration de CO2 des forêts.
Les sols brûlés deviennent plus sombres, ce qui augmente leur capacité à absorber l’énergie solaire, contribuant ainsi à un réchauffement localisé. Après un incendie, les sols sont également plus vulnérables à l’érosion et aux inondations.
Reconstruction incertaine
Les forêts peuvent se régénérer après un incendie, mais ce processus est lent et dépend des espèces. Par exemple, 1 000 hectares d’herbacées brûlées peuvent revenir à leur état initial en un ou deux ans, tandis que 1 000 hectares de forêt ancienne peuvent mettre entre 500 et 1 000 ans à retrouver leur capacité de stocker du carbone.
Cette régénération est également menacée par des facteurs tels que les ravageurs, les sécheresses consécutives et un nouveau départ de feu. Selon un rapport de l’association Canopée, ces éléments, combinés à une augmentation des abattages, ont réduit de moitié le puits de carbone forestier français entre 2013 et 2021.
Les incendies de forêt en France représentent donc non seulement une menace immédiate pour la biodiversité, mais ils exacerbent également le dérèglement climatique, créant un cycle difficile à briser.
Source : Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), Météo-France, étude publiée dans Biogeosciences.
