Incendies à Fontainebleau : sous terre, la forêt brûle toujours

Incendies à Fontainebleau : La forêt brûle toujours sous la surface

Depuis le 15 juillet, la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, est fermée au public suite à un incendie ayant ravagé près de 2 200 hectares. Ce massif, qui s’étend sur 22 000 hectares et attire jusqu’à 17 millions de visiteurs par an, est désormais inaccessible par arrêté préfectoral.

Chaque jour, des agents de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) et de l’Office national des forêts (ONF) patrouillent pour surveiller d’éventuelles reprises de feu et s’asr que personne ne pénètre dans la forêt. Yann Guillemard, agent de la DFCI, témoigne : « En 17 années de carrière à l’ONF, je n’avais jamais vu la forêt dans cet état, ni un feu de cette ampleur. »

Une sécheresse alarmante

L’état de sécheresse de la végétation est préoccupant. Sophie David, responsable du service environnement à l’ONF, explique que les sols sont déjà très drainants et qu’il n’y a pas eu de pluie significative depuis deux mois. Cette situation, exacerbée par des canicules répétées, favorise le risque d’incendie.

Guillaume Larregle, responsable du suivi de la biodiversité à l’Association naturaliste de la vallée du Loing (ANVL), souligne que des espèces comme les callunes, typiques de la lande, se dessèchent et peuvent s’enflammer facilement.

Une diversité de milieux touchés

À certains endroits, le sol brûlé atteint encore des températures entre 150 et 250 degrés. Selon l’ONF, 400 hectares de réserves biologiques, 125 hectares de landes et 74 mares ont été touchés par les flammes. Ces pertes représentent des continuités écologiques brisées, avec des écosystèmes gravement affectés.

Impact sur la faune

La faune a également souffert de cet incendie. Bien qu’il soit trop tôt pour établir un bilan précis, des espèces comme les reptiles et certains insectes, peu mobiles, ont probablement été gravement impactées. En revanche, des espèces plus mobiles, comme les grands cervidés, ont eu plus de chances de fuir.

Un feu qui couve

Le feu n’est pas complètement éteint ; il couve toujours dans le sol, notamment dans les tourbières. Sophie David indique qu’il faudra plusieurs semaines, voire des mois, avant que le feu soit totalement éteint.

Perspectives de réhabilitation

La réouverture complète du massif prendra du temps, avec des plantations qui ne seront pas envisagées avant trois à cinq ans. Les réflexions sur la régénération de la forêt incluront la question des essences à privilégier, avec une attention particulière sur l’équilibre entre résineux et feuillus.


Source : Reporterre

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