Hiroshima et Nagasaki : 81 ans après, la mémoire des bombes atomiques et les enjeux contemporains
Quatre-vingt-un ans après le largage des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, la menace de l’arme atomique demeure une réalité préoccupante. En effet, les rapports de force géopolitiques actuels renforcent le recours à l’armement nucléaire. Selon la Campagne internationale contre les armes atomiques, les neuf États possédant des armes nucléaires ont consacré 119 milliards de dollars à leurs arsenaux en 2025, soit une augmentation de 19 % par rapport à 2024.
Le 6 août dernier, lors du 81e anniversaire du bombardement de Hiroshima, le maire Kazumi Matsui a critiqué le comportement des grandes puissances qui, selon lui, « bafouent le droit international » et utilisent l’arme nucléaire comme moyen de pression. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où la révision de la stratégie de sécurité nationale du Japon soulève des inquiétudes quant aux principes antinucléaires qui interdisent à l’archipel de posséder, produire ou introduire des armes nucléaires sur son territoire.
Le documentaire Hiroshima, la véritable histoire de Lucy van Beek met en lumière la fabrication politique du récit entourant l’explosion de la bombe « Little Boy ». Il remet en question la notion de mal nécessaire, en suggérant que le Japon, déjà en déroute, cherchait une issue, tandis que Washington voulait éprouver son arme en conditions réelles. Ce film, qui sera diffusé sur Arte jusqu’au 29 septembre, explore également les conséquences silencieuses de la catastrophe, telles que la confiscation des images et le silence autour des survivants irradiés.
Le témoignage de Keiji Nakazawa, qui a perdu sa famille lors du bombardement et a consacré sa vie à raconter cette tragédie à travers le manga Gen aux pieds nus, est également mis en avant. Cette œuvre, rééditée en octobre 2025, est un rappel poignant des horreurs de la guerre et de la résilience humaine.
D’autres œuvres, telles que Les Arbres de Nagasaki de Véronique Brindeau, soulignent la mémoire des survivants à travers la nature, en présentant des arbres qui ont survécu à la catastrophe. Ces récits s’inscrivent dans une volonté collective de maintenir vivante la mémoire des bombardements et de leurs conséquences.
Alors que les derniers hibakusha s’éteignent et que les dépenses nucléaires mondiales atteignent des sommets, la préservation de cette mémoire apparaît plus cruciale que jamais.
Source : Reporterre


