Guerre au Moyen-Orient : des dauphins kamikazes rôdent-ils dans le détroit d’Ormuz ?

Guerre au Moyen-Orient : des dauphins kamikazes rôdent-ils dans le détroit d’Ormuz ?

La flotte moustique iranienne se serait-elle armée de dauphins kamikazes ? Pendant plusieurs jours, des rumeurs ont circulé selon lesquelles Téhéran aurait équipé des cétacés de mines pour attaquer des navires américains dans le stratégique détroit d’Ormuz. Cette spéculation a pris de l’ampleur, notamment aux États-Unis, après que des officiels iraniens, cités par le Wall Street Journal, ont évoqué l’utilisation potentielle d’« armes jamais utilisées », de « mini-sous-marins » ou encore de « dauphins porteurs de mines ».

Cependant, aucune preuve tangible ne corrobore cette information, seulement une série de vidéos générées par intelligence artificielle et diffusées sur les réseaux sociaux. Le sujet a suscité suffisamment d’inquiétude pour que le Pentagone s’exprime. Lors d’une conférence de presse le 5 mai, le ministre de la Défense américain, Pete Hegseth, a démenti l’existence de dauphins kamikazes en possession de l’Iran, tout en précisant qu’il ne pouvait « ni confirmer, ni infirmer » l’utilisation par les États-Unis de mammifères marins dans des opérations militaires.

Une source bien informée a également déclaré à CNN que l’armée américaine n’utilisait pas de dauphins « dans le cadre de ses opérations dans le détroit d’Ormuz ». Le général Dan Caine, chef d’état-major américain, a même ironisé sur l’idée de dauphins kamikazes, en la comparant à des « requins avec des lasers », une référence au film Austin Powers : L’Espion qui m’a tirée (1999).

Des aptitudes exploitées depuis la guerre froide

L’hypothèse d’une utilisation militaire des dauphins n’est pas nouvelle. Le Wall Street Journal a récemment souligné la possibilité pour Washington d’utiliser des dauphins spécialement entraînés pour des opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz. Depuis 1969, un programme de la marine américaine étudie l’utilisation des cétacés pour détecter des mines et des plongeurs ennemis, grâce à leurs capacités d’écholocalisation. Ces compétences ont été mises à profit lors de conflits comme la guerre du Vietnam et en Irak, et la marine américaine continue d’utiliser ces animaux pour des missions de détection et de sécurisation de zones maritimes sensibles.

D’autres nations, comme la Corée du Nord et la Russie, ont également été soupçonnées d’explorer des programmes similaires. En 2015, des images satellites indiquaient que la Corée du Nord avait développé un tel programme, tandis qu’en 2022, des images aériennes montraient que la Russie avait installé des enclos pour dauphins en Crimée pour protéger sa flotte.

L’espion Hvaldimir

En 2019, le Kremlin a été accusé d’avoir envoyé un béluga espion, surnommé Hvaldimir, en Norvège. Ce dernier avait été découvert avec un harnais contenant une caméra et des inscriptions en russe.

Concernant l’armée iranienne, la rumeur d’une utilisation de dauphins n’est pas infondée. En 2000, la BBC rapportait que des « dauphins entraînés à tuer » avaient été « vendus à l’Iran », bien qu’aucune information n’ait été fournie sur leur utilisation dans le golfe Persique. Toutefois, l’espérance de vie des dauphins en captivité étant généralement de 20 à 25 ans, il est peu probable que ceux-ci soient encore actifs dans le détroit d’Ormuz.


Source : La Croix

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