Gestion de l’eau : appel à la raison et au dialogue

Gestion de l’eau : appel à la raison et au dialogue

L’agriculture nécessite de l’eau, mais elle n’est pas la seule à en dépendre. Les difficultés auxquelles les agriculteurs et agricultrices font face actuellement sont préoccupantes. La situation est aggravée par un manque d’anticipation et un rejet des données scientifiques qui ont contribué à cette crise.

Limiter les dérogations

La FRSEA et les JA des Pays de la Loire ont sollicité le préfet pour assouplir certaines réglementations, notamment en matière de restrictions liées à la sécheresse et au programme d’actions nitrates. Cependant, il est jugé inacceptable qu’un seul usage puisse bénéficier de dérogations sans tenir compte des autres besoins et de l’environnement. Actuellement, la situation en Pays de la Loire est tendue : le soutien d’étiage des barrages a été réduit, les assecs sur les cours d’eau sont en hausse, le risque d’incendie persiste, et l’approvisionnement en eau potable est incertain pour la fin de l’été. La sobriété et la solidarité sont essentielles, car les milieux naturels souffrent déjà, et toute dérogation aux normes environnementales pourrait aggraver la pollution des captages d’eau potable.

Reconnaître et avancer

Il est crucial de se réunir pour déterminer les priorités dans la gestion de l’eau, surtout face aux impacts du changement climatique. Depuis plus de deux ans, les représentants agricoles majoritaires freinent les études HMUC (hydrologie, milieux, usages, climat) en demandant des moratoires qui retardent les conclusions. Ces études visent à définir les volumes d’eau disponibles pour tous les usages tout en respectant les besoins des milieux naturels. En cas de déséquilibre entre la ressource disponible et les besoins, ces conclusions devraient permettre de réfléchir collectivement aux priorités d’usage et aux adaptations nécessaires.

Se remettre autour de la table

Un retour aux discussions sur le partage de l’eau est nécessaire. Il est impératif de tirer les leçons de l’été 2026 pour adapter les systèmes aux conséquences du changement climatique. L’intelligence collective est la clé pour trouver des solutions durables. Un sentiment d’accaparement de cette ressource par un usage, même essentiel, pourrait créer des divisions. Il est donc demandé au préfet de ne pas céder aux demandes croissantes de la FRSEA et des JA.

Source : Ouest-France.

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