Filière REP textile : une refonte qui manque d'ambition

Après plusieurs mois de discussion autour de la refondation de la filière REP textiles, le gouvernement a publié son nouveau cahier des charges dont l’entrée en vigueur est prévue en janvier 2027. L’enjeu ? Répondre aux défis d’une filière saturée et dont le flux de déchets ne fait qu’augmenter, notamment en raison de la consommation croissante de textiles neufs commercialisés. Néanmoins, malgré la présence de plusieurs associations au sein des comités partie prenante de cette filière, ainsi qu’au sein du Comité inter-filières REP, notre voix n’a pas été entendue.

Un cahier des charges décevant

Le nouveau cahier des charges n’intègre pas les enjeux en amont de la filière, notamment la question de la surproduction initiale de matière. Malgré l’évidente nécessité de freiner la production pour limiter la création de déchets, le texte ne prévoit pas d’objectifs chiffrés de réduction à la source.

Comme souvent concernant les déchets, l’accent est mis sur le développement du recyclage, avec un objectif règlementaire d’augmentation des quantités entrant dans une installation de recyclage, ainsi qu’un soutien financier pour améliorer les performances de recyclage des matériaux.

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Parallèlement, le réemploi et la réparation semblent être relégués au second plan, avec un montant dédié au fond réparation divisé par deux pour 2027 et 2028.

La collecte dévalorisée

La collecte, maillon essentiel du réemploi et du recyclage, dépend exclusivement du geste de tri, qui doit être volontaire et gratuit. Les citoyens et citoyennes ne seront motivé·es à accomplir ce geste essentiel que s’ils et elles sont convaincu·es de son utilité. Si ce geste se fait au détriment des acteurs de l’économie sociale et solidaire, qui ont soutenu la filière depuis des décennies, cela pourrait avoir des effets négatifs sur la mobilisation citoyenne.

Jusqu’en 2007, la collecte, le tri et le traitement (réemploi, recyclage et élimination) étaient assurés par des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Depuis, avec la chute de la qualité des textiles, l’activité de réemploi ne couvrant plus les frais, les producteurs ont financé, via la filière REP, le différentiel pour maintenir un équilibre financier d’environ 20 millions d’euros par an, tout en profitant du travail gratuit de bénévoles et d’emplois d’insertion, souvent mal rémunérés.

Pour ces raisons, France Nature Environnement s’associe pleinement à la contribution et aux demandes de l’association Zéro Waste France.

Voir les demandes de Zéro Waste France

Source : France Nature Environnement.

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