État d’urgence climatique au Panama face à El Niño
Le 25 août, le gouvernement panaméen a décrété un état d’urgence climatique en réponse à un épisode d’El Niño, dont les scientifiques anticipent une ampleur sans précédent. Dinoska Montalvo, ministre de l’Intérieur, a déclaré que ce décret vise à « anticiper à la fois les inondations et glissements de terrain » et à gérer la sécheresse qui touche le pays.
El Niño est un phénomène climatique naturel qui se manifeste par un réchauffement des eaux de l’océan Pacifique tropical, perturbant les conditions météorologiques à l’échelle mondiale. Cela entraîne des sécheresses et des précipitations intenses dans de nombreuses régions.
Franklin Barria, producteur de riz, a exprimé ses craintes quant à l’absence d’aide gouvernementale fiable, une inquiétude partagée par de nombreux Panaméens, exacerbée par des soupçons de corruption liés aux états d’urgence précédents. Le décret permet au gouvernement de simplifier les procédures administratives pour débloquer rapidement des ressources budgétaires.
La résolution autorise également des acquisitions via une procédure spéciale pour les situations d’urgence nationale, mais sans spécifier les biens à acheter. Jorge Castañeda, avocat à l’université du Panama, souligne que ces périodes d’état d’urgence sont souvent exploitées par les autorités pour favoriser des entrepreneurs proches.
À partir du 3 septembre, le trafic sur le canal de Panama sera réduit en raison de la sécheresse, qui fait baisser le niveau du lac d’eau douce alimentant le canal. Ce lac est essentiel pour l’approvisionnement en eau potable de la population. Environ 5 % du commerce maritime mondial transite par ce canal, et la réduction du trafic vise à préserver les réserves d’eau.
Les conséquences d’El Niño se font déjà sentir, avec des précipitations atteignant à peine la moitié de leur niveau normal. Franklin Barria a dû réduire sa production de riz, semant seulement 80 hectares sur les 500 de son exploitation, en raison de l’incertitude liée à l’approvisionnement en eau.
L’état d’urgence a été déclaré jusqu’en mars. D’autres pays d’Amérique latine, comme le Pérou, le Honduras et le Salvador, ont également pris des mes similaires.
L’absence de stratégies à long terme pour faire face aux défis climatiques soulève des inquiétudes parmi les experts. Osvaldo Jordan, politiste, insiste sur la nécessité d’investissements durables pour protéger les populations vulnérables.
Source : Reporterre

