« En pleine sécheresse, des agriculteurs bénéficient d’eau grâce aux zones humides »

« C’est vivant ! » : en pleine sécheresse, ces paysans ont eu de l’eau grâce aux zones humides

C’est vivant ! : En pleine sécheresse, ces paysans ont eu de l’eau grâce aux zones humides

Montigny-Montfort (Côte-d’Or), reportage

Dans un paysage de champs jaunis par la sécheresse, les terres louées par Jérôme Coucheney se distinguent par quelques taches vertes. Éleveur de limousines, il montre les méandres du ru de la Louère, un ruisseau qui traverse ses 15 hectares de prairies permanentes. « C’est ici qu’ont eu lieu les travaux de restauration écologique », précise-t-il, entouré de ses 27 vaches à l’ombre des arbres.

Ces travaux ont été initiés par l’Établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau (Epage) de l’Armançon en 2020, dans le but de lutter contre la raréfaction de l’eau durant l’été. Vincent Govin, coresponsable du projet Gemapi, souligne que « restaurer les méandres permet de ralentir l’eau pour qu’elle s’infiltre davantage, rechargeant ainsi les nappes et maintenant l’humidité dans les sols ».

Les 15 hectares de prairies de Marie-Françoise Chargasse, également concernés par ce projet, font partie d’une vingtaine de parcelles agricoles du bassin versant de l’Armançon. Grâce à des archives et à des technologies comme le lidar, l’équipe de Vincent Govin a redonné au ru de la Louère son tracé originel, favorisant ainsi la création d’une zone humide de 4 250 m², qui fonctionne comme une éponge, stockant l’excédent d’eau en période humide. Deux mares ont également été créées.

Ces aménagements incluent des dispositifs pour garantir l’abreuvement du troupeau durant les périodes critiques, comme une citerne souple de 300 m³ et un abreuvoir autonome. « Cet été, mes vaches ont eu besoin de cette sécurité. Je n’ai pas eu à amener d’eau en citerne tous les matins », déclare Jérôme Coucheney.

Des études de l’université de Liège montrent que l’hydrologie régénérative, intégrant des haies et des mares tampons, atténue le stress hydrique durant les sécheresses. Aurore Degré, professeure d’hydrologie, insiste sur l’importance de l’engagement collectif entre agriculteurs et pouvoirs publics pour déployer ces aménagements à l’échelle des bassins versants.

Les projets de restauration écologique en Côte-d’Or renforcent la résilience des parcelles agricoles face aux sécheresses aggravées par le changement climatique.

Source : Reporterre

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