Force, durée, conséquences : à quoi faut-il s’attendre avec l’intensification d’El Niño
El Niño, phénomène climatique redouté, est désormais « solidement installé » dans le Pacifique, comme l’a confirmé l’Organisation météorologique mondiale (OMM) le 3 septembre 2026. Ce phénomène cyclique, qui se produit tous les deux à sept ans, entraîne une hausse anormale de la température de surface de l’océan Pacifique et modifie les précipitations à l’échelle mondiale.
Le phénomène a débuté au printemps 2026, avec une augmentation des températures de surface dans le centre et l’est du Pacifique, atteignant en moyenne 1,5 °C au-dessus des normales entre mai et juillet. Cette hausse s’est accentuée durant l’été, avec des relevés de +2 °C en juillet et jusqu’à +2,6 °C en août. Bien que ces chiffres soient significatifs, ils ne sont pas les plus élevés enregistrés. En 2023, au début du précédent phénomène El Niño, le réchauffement avait atteint 2,0 °C en mai et dépassé 3 °C en juillet.
L’OMM prévoit un El Niño d’une intensité exceptionnelle cette année, en raison d’une accumulation de chaleur sous la surface de l’océan, où les températures peuvent surpasser de 8 °C la moyenne saisonnière. Les conditions atmosphériques et l’évolution des vents sont également plus favorables qu’en 2023 pour l’expansion du phénomène. Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, a déclaré que cet épisode pourrait être plus puissant que tout ce qui a été observé depuis le début des relevés.
Concernant la durée, l’épisode devrait atteindre son apogée vers la fin de l’année 2026 et se maintenir jusqu’en février 2027. Les impacts varient selon les régions et les saisons. En Asie du Sud-Est et en Australie, les conséquences sont plus importantes entre juin et septembre, avec des risques de sécheresse accrue. En Amérique du Nord et en Amérique centrale et du sud, les effets se font sentir durant l’hiver, de décembre à février. Les climatologues estiment également que l’année 2027 pourrait être la plus chaude jamais enregistrée, en raison de la chaleur emmagasinée dans l’océan qui se libérera dans l’atmosphère.
En France, les territoires d’outre-mer seront particulièrement affectés. En Guadeloupe et en Martinique, une hausse des températures, notamment nocturnes, est attendue, avec un risque accru de sécheresse. En Guyane, une augmentation des températures est également prévue, ainsi qu’un prolongement possible de la saison sèche. À la Réunion et à Mayotte, les températures devraient être au-dessus des normales, tandis qu’en Nouvelle-Calédonie, un risque de sécheresse accrue est anticipé.
Source : Organisation météorologique mondiale (OMM)

