Écoles françaises adaptent leurs classes à la canicule avec des solutions low-tech.

« 36 °C dehors, 26 °C dans les classes » : ces écoles s’adaptent aux canicules grâce aux low-tech

36 °C dehors, 26 °C dans les classes : ces écoles s’adaptent aux canicules grâce aux low-tech

Grabels (Hérault), reportage

L’école maternelle de Grabels, bâtie il y a plus de vingt-cinq ans, souffrait d’une conception thermique peu adaptée aux températures estivales. « On pouvait monter à 33 °C dans les classes », indique Yann Issard, directeur jeunesse à la mairie. Cependant, grâce à des aménagements récents, la situation s’est améliorée.

Des brasseurs d’air, des ombrières dans la cour et une aération nocturne ont été mis en place. « Lors de la canicule de juin, quand il faisait 36 °C dehors, on était à 26 °C dans les salles », se félicite Yann Issard. Ces mes simples ont permis d’améliorer le quotidien des élèves et des enseignants.

Cette transformation s’inscrit dans le projet Racine, qui regroupe une trentaine d’établissements à l’échelle nationale. Guillaume Perrin, directeur des programmes à l’Actee, souligne : « On veut montrer qu’on peut s’adapter aux canicules sans détruire et reconstruire toutes les écoles. » Près de 75 % des bâtiments scolaires sont désormais jugés inadéquats face aux vagues de chaleur.

Le 31 août, à l’occasion de la rentrée scolaire, le gouvernement a annoncé un plan d’adaptation pour 2 500 écoles considérées comme « vulnérables ». Ce plan inclura également des mes de gestion des vagues de chaleur d’ici le printemps prochain. En attendant, le projet Racine déploie des solutions low-tech qui sont à la fois simples et peu énergivores.

Ventilateurs de plafond et aération nocturne

Pour lutter contre la chaleur, les communes impliquées doivent expérimenter une méthode en trois étapes. La première consiste à éviter l’entrée de la lumière solaire, qui équivaut à laisser un chauffage allumé. À Grabels, des toiles en fibre de coco ont été installées pour créer de l’ombre tout en permettant la circulation de l’air.

« Cela fait des rideaux qui créent de l’ombre tout en laissant passer l’air », explique Yann Issard. Deux classes ont été équipées de brasseurs d’air, permettant de réduire la température ressentie de 2 à 4 °C.

Un autre aspect crucial est la ventilation nocturne, qui permet d’évacuer la chaleur accumulée pendant la journée. Toutefois, de nombreuses collectivités hésitent à ouvrir les fenêtres la nuit, craignant les intrusions ou les insectes.

La commune a embauché un gardien pendant les périodes de canicule pour gérer l’ouverture des fenêtres. De plus, un destratificateur, un brasseur d’air de grande taille, a été installé pour aider à la circulation de l’air.

« Il ne faut pas s’arrêter là »

En complément de ces aménagements, l’école de Grabels a également réévalué ses pratiques. Enseignants, élus et parents d’élèves ont proposé des solutions comme des repas froids à la cantine ou des jeux d’eau l’après-midi. « L’adaptation n’est pas que technique, il s’agit aussi de changer les usages », souligne Yann Issard.

La municipalité envisage d’étendre les brasseurs d’air, de végétaliser la cour de récréation et d’installer la climatisation dans la salle de motricité, pour un coût total de 400 000 euros répartis sur trois ans. Ce montant est jugé plus abordable qu’une rénovation complète.

Le projet Racine devrait également aboutir à une thèse de recherche-action pour évaluer l’efficacité des dispositifs et identifier les obstacles à l’adaptation. Guillaume Perrin insiste sur l’importance de la rénovation, notamment l’isolation des bâtiments : « Il ne faut pas s’arrêter là. »

Source : Reporterre

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