Écoles et canicule : Adapter d’abord, c’est climatiser moins et mieux
Les canicules ne sont plus un risque lointain : elles touchent désormais les classes régulièrement. Actuellement, peu d’écoles françaises sont adaptées à la chaleur. Des solutions simples et abordables existent, permettant de gagner jusqu’à 10 °C sans recourir à la climatisation. Il est urgent de les mettre en œuvre.
En août 2003, la France a été frappée par une canicule ayant causé plus de 15 000 décès, principalement parmi les personnes âgées. À l’époque, cet événement était considéré comme exceptionnel et peu susceptible de se reproduire dans un avenir proche. Vingt-deux ans plus tard, les vagues de chaleur se sont intensifiées, se produisant chaque année de mai à octobre.
Depuis 2003, des mes ont été mises en place pour les établissements pour personnes âgées, mais aucune action significative n’a été entreprise pour les écoles. Les vagues de chaleur, auparavant concentrées pendant les vacances, surviennent désormais en période scolaire, en particulier en juin et septembre.
Avec 12 millions d’élèves et 1,2 million d’agents dans 61 000 établissements scolaires, l’école se trouve au cœur du défi d’adaptation. La majorité des bâtiments scolaires sont inadaptés et non conçus pour les températures actuelles. Selon le Snes-FSU, environ 50 % des écoles ne disposent ni de volets ni de protections solaires extérieures. De plus, de nombreuses écoles récentes souffrent déjà d’une surchauffe due à des baies vitrées non protégées et à une isolation inappropriée.
L’an dernier, plus de 2 200 écoles ont dû fermer durant la canicule de juin, avec des températures atteignant 37 °C dans certaines classes. Les conditions étaient souvent dangereuses pour la santé des élèves, entraînant insolation et malaises.
L’adaptation des établissements scolaires ne nécessite pas des travaux considérables, mais peut être réalisée par trois gestes simples : protéger, ventiler et aérer la nuit. Ces actions combinées peuvent permettre une réduction significative de la température en classe sans climatisation.
Protéger du soleil implique d’empêcher le rayonnement d’entrer, en utilisant des volets, des stores ou des films sur les vitrages. Ventiler avec des brasseurs d’air au plafond peut réduire la température ressentie de 2 à 3 °C, tout en consommant bien moins d’énergie qu’une climatisation. Enfin, aérer la nuit pour évacuer la chaleur accumulée est une me peu exploitée, alors que les différences de température peuvent atteindre jusqu’à 8 °C.
Le coût d’adaptation d’une école selon ces méthodes varie entre 20 000 et 100 000 euros, représentant un investissement total estimé entre 3 et 4 milliards d’euros pour l’ensemble des établissements en France. Cela reste bien inférieur au coût d’une climatisation, qui peut être jusqu’à cinq fois plus élevé en termes d’investissement et de consommation énergétique.
L’inaction face à ces défis a des conséquences économiques et sanitaires. Selon Allianz Trade, les journées de forte chaleur en 2025 ont coûté à la France 0,3 point de PIB, impactant directement la croissance économique. Les fermetures d’écoles entraînent des absences pour les parents et engorgent les services d’urgence.
Ainsi, il est crucial de lancer un plan d’adaptation au changement climatique pour les écoles, tout en intégrant ces enjeux dans une politique plus large touchant les bâtiments publics. Cela est nécessaire pour préparer un avenir plus durable pour les générations futures.
Source : La Croix
