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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombrait, le 2 juin, 330 cas et 49 décès confirmés de la maladie à virus Ebola, qui se propage dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Le 29 mai, l’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, rapportait 246 décès probablement liés au virus.
Cette épidémie est souvent perçue comme le résultat d’un contact accidentel avec des animaux sauvages. Toutefois, l’épicentre de l’épidémie actuelle se situe dans la province de l’Ituri, une région soumise à une exploitation aurifère intense. Cette activité, qui nuit gravement à l’environnement, augmente les risques de propagation, selon Didier Bompangue, directeur adjoint de l’institut One Health pour l’Afrique.
Reporterre — Cette 17ᵉ flambée d’Ebola en RDC a pour épicentre la cité minière de Mongbwalu. Que cela révèle-t-il ?
Didier Bompangue — La compréhension de ce virus passe par l’examen de l’exploitation de l’or dans l’est de la RDC. La société aurifère internationale Sokimo a une base à Mongbwalu. Pour accéder aux mines, il est nécessaire de défricher des parcelles forestières, ce qui perturbe gravement l’écosystème local.
Par ailleurs, Mongbwalu et ses environs ont connu ces dernières décennies une forte croissance démographique. L’essor industriel attire des populations de divers horizons, y compris du Congo, de l’Ouganda et de la Centrafrique, transformant de petits villages en grandes cités.
Quels liens existent entre cette activité minière, la pression démographique et Ebola ?
Ces phénomènes conjugués exercent des pressions considérables sur la forêt et sa faune. La fragmentation des habitats augmente les interactions entre humains et animaux. Par exemple, dans certaines zones, des léopards attaquent des chèvres à la périphérie des villages, car les chasseurs éliminent les proies naturelles. Cette proximité accroît le risque de transmission d’un virus d’origine animale.
Comment réduire ces risques ?
Il est crucial de limiter la déforestation. Cela doit être une priorité avant d’investir dans la recherche médicale, qui nécessite du temps. Par exemple, le pipeline que construit TotalEnergies entre l’Ouganda et le Kenya est en train de détruire des forêts et des villages, créant un terreau fertile pour l’émergence de nouvelles maladies.
La dégradation des habitats due à l’exploitation minière et à d’autres activités, comme la pêche intensive et l’agriculture, doit être régulée. En matière d’approvisionnement en protéines animales, il est préférable de privilégier l’élevage plutôt que la chasse, car les pratiques industrielles sont souvent plus destructrices.
En limitant ces activités nuisibles, il est possible de protéger les écosystèmes forestiers naturels.
Source : Reporterre
