Désertification : la COP17 s’ouvre sur fond de canicules à répétition
La 17ᵉ session de la COP pour lutter contre la désertification a débuté le 17 août à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie. L’événement, qui se déroulera jusqu’au 28 août, réunit 197 pays, dont les États-Unis, ainsi que des organisations régionales, ONG, chercheurs, politiques et lobbyistes. L’objectif affiché est de « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », dans le but de trouver des solutions face à la dégradation des terres, qui menace la sécurité alimentaire mondiale.
Qu’est-ce que la désertification ?
La désertification ne désigne pas l’avancée d’un désert, mais plutôt une dégradation accélérée des terres due à des pratiques inadaptées et au changement climatique. Selon une enquête coordonnée par le Comité scientifique français de la désertification (CSFD), cette évaluation repose sur deux indicateurs : l’indice d’aridité et la dégradation des terres. On parle de désertification dans les zones où les précipitations sont inférieures à 400 mm par an, et où les activités humaines, telles que l’agriculture intensive et l’urbanisation, exacerbent le phénomène.
La France est-elle concernée ?
En 2024, lors de la COP16 en Arabie saoudite, la France a officiellement reconnu être touchée par la désertification. Le CSFD a estimé que 751 700 hectares, soit 1,4 % de la superficie totale du pays, sont concernés. Ce phénomène affecte principalement les zones climatiques arides, semi-arides et subhumides sèches, notamment le pourtour méditerranéen, la Corse-du-Sud, La Réunion, la Guadeloupe et Mayotte. La situation s’aggrave, comme l’a souligné Frédérique Montfort, chercheuse à l’association Nitidae, qui a mentionné des difficultés rencontrées par les éleveurs dans le Massif central en raison de la sécheresse.
Quels sont les pays touchés dans le monde ?
Selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), jusqu’à 40 % des terres de la planète sont touchées par la désertification. En Mongolie, pays hôte de cette COP, 76,9 % des terres sont affectées, en grande partie à cause du surpâturage pour répondre à la demande de cachemire. Cette situation a conduit à un accent particulier sur le pastoralisme lors de cette édition de la COP, en tant que solution potentielle pour maintenir la biodiversité et prévenir les incendies.
Quelles sont les solutions envisagées ?
Des experts, dont Nicolas Gross de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), affirment que la désertification n’est pas une fatalité. Pour lutter contre les sécheresses, il est essentiel de prévenir la dégradation des sols et de protéger la biodiversité. Cela nécessite une reconsidération des pratiques agricoles et un soutien politique fort.
Comment financer la lutte contre la désertification ?
Actuellement, seulement 1 % des financements climatiques sont alloués à la lutte contre la désertification. L’ONU estime que 430 milliards de dollars par an sont nécessaires pour freiner ce phénomène, alors que seulement 66 milliards de dollars étaient investis en 2022. À Oulan-Bator, des pays d’Afrique et d’Asie centrale espèrent établir un fonds spécifique pour ce combat, mais lors de la précédente COP, les pays riches n’avaient pas réussi à s’accorder sur une aide financière pour les pays les plus vulnérables.
Source : Reporterre


