Des militants poursuivis pour avoir tenté de protéger un bois en France.

« Très cynique » : des militants poursuivis pour avoir voulu protéger un bois

Nantes : Des militants poursuivis pour avoir tenté de protéger un bois

Nantes (Loire-Atlantique), reportage

Le week-end des 5 et 6 septembre, plusieurs dizaines de militants ont mené une action dans le bois du Champ-de-Manœuvre, à Nantes, pour s’opposer à la construction d’un centre de rétention administrative (CRA). Ils ont planté des clous dans les troncs d’arbres pour ralentir les machines d’abattage. En réponse, des arrestations ont eu lieu, avec des gardes à vue pour dix personnes, et six d’entre elles sont désormais poursuivies.

Depuis 2022, l’État prévoit d’implanter ce CRA sur une parcelle de cinq hectares, adjacente à la maison d’arrêt de Nantes, qui abrite une zone humide et de nombreuses espèces protégées. Ce projet suscite des oppositions croissantes, notamment de la part de citoyens, d’élus et de syndicalistes.

Alice, membre de l’association de riverains Aralb Beaujoire, décrit le projet comme un « concentré de tous les maux de la planète », dénonçant les « destructions massives » qu’il engendrerait.

Les opposants, jusqu’alors engagés dans des actions légales, ont décidé d’intensifier leur résistance après la validation rapide par la préfecture du permis de construire et de l’autorisation environnementale. Tim, militant d’Extinction Rebellion Nantes, explique : « Au cours de l’été, nous avons compris que l’État voulait accélérer. Alors, nous avons décidé d’agir pour ralentir le chantier. »

Des actions contestées

Environ 150 arbres ont été cloutés pour retarder l’abattage. Cependant, la surveillance policière était accrue, et des arrestations ont eu lieu lors d’une action le 6 septembre. Justine, également militante, rapporte des violences policières durant les interpellations. Les raisons de leur garde à vue incluent la mise en danger d’autrui et la dégradation.

Poursuites judiciaires

Les organisations impliquées affirment avoir suivi des recommandations pour éviter de mettre en danger les ouvriers. Les poursuites contre les militants, qualifiées de « très cyniques » par leur avocat, Stéphane Vallée, portent sur la participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations. Les poursuites pour mise en danger ont été écartées.

Un projet controversé

Le projet de CRA a suscité 94 % d’avis négatifs lors d’une consultation publique. Malgré cela, l’État semble avancer sans tenir compte des objections. Marie Vitoux, adjointe à la maire de Nantes, déclare que la municipalité continuera à soutenir les « lanceurs d’alerte ».

Les opposants prévoient de nouvelles mobilisations pour protéger la zone humide, avec une journée de lutte prévue le 10 octobre pour dénoncer les compensations environnementales liées à la destruction des terres.

Source : Reporterre

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