Des clubs de football optent pour des pelouses synthétiques remplies de granulés de maïs
Monferran-Savès (Yonne), reportage
Sur la route vers Monferran-Savès, entre Auch et Toulouse, une pelouse en fibre synthétique se distingue au milieu des paysages jaunis par la canicule estivale. Ce terrain accueille l’entraînement des footballeurs U15, une infrastructure flambant neuve qui attire l’attention des élus locaux.
Gérôme Byries, maire de Monferran-Savès, explique : « Au moment de choisir le type de remplissage de ce nouveau terrain, on avait forcément en tête toutes les polémiques liées aux granulats plastiques. C’est pourquoi on a décidé de garnir le terrain avec de la rafle de maïs, une solution bien plus écologique. »
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les terrains synthétiques traditionnels, souvent remplis de granulés de caoutchouc issus de pneus recyclés, suscitent des inquiétudes. En effet, ces matériaux contiennent près de 400 substances chimiques, dont des métaux lourds et des hydrocarbures, qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé et l’environnement.
Une étude récente a révélé que 74 % des terrains synthétiques en France sont encore remplis de granulats dérivés de pneus. La Commission européenne a d’ailleurs prévu d’interdire la commercialisation de ces granulés à partir de 2031, incitant ainsi les collectivités à explorer des alternatives plus respectueuses de l’environnement.
Sur le terrain de l’Association sportive Monferran-Savès, Fabien Bonneviale, directeur adjoint des services techniques, souligne les avantages de la rafle de maïs : « C’est moins volatile que le SBR et ne contient pas de matériaux toxiques. De plus, le terrain chauffe moins durant les fortes chaleurs. » Le coût de cette infrastructure moderne s’élève à 1,2 million d’euros, financé par la communauté de communes de la Gascogne toulousaine.
À quelques kilomètres de là, à Lavernose-Lherm, le maire Frédéric Pasian a également opté pour une alternative écologique en utilisant des noyaux d’olive concassés pour garnir son terrain. Ce choix fait suite à des préoccupations croissantes concernant les risques sanitaires associés aux granulats plastiques.
La majorité des terrains synthétiques en France sont encore équipés de matériaux plastiques, souvent dépassant leur durée de vie théorique de dix ans. Les clubs amateurs, souvent en difficulté financière, doivent faire face à des défis importants pour s’adapter à ces nouvelles normes.
Ainsi, la transition vers des solutions plus durables pour les terrains de football devient un enjeu crucial, tant pour la santé des joueurs que pour la protection de l’environnement.
Source : Reporterre

