« On fait ce qu’on peut, comme on peut » : en Gironde, des bénévoles au secours des animaux laissés sur place

Lacanau (Gironde), reportage

Des bénévoles s’organisent pour secourir les animaux laissés derrière eux par des habitants évacués en raison des incendies ravageurs en Gironde. Pendant que des milliers de touristes quittent la station balnéaire, un pompier tient dans ses bras un marcassin blessé, emmailloté dans du papier de brancard. « Il est blessé et épuisé. Il faut l’emmener chez un vétérinaire, et vite », prévient Julie, bénévole de l’association Futur, qui œuvre pour sauver les animaux en danger.

La petite équipe se précipite dans les rues désertes, tandis que les canadairs survolent la région. À peine le marcassin déposé à la clinique vétérinaire, Dylan, responsable des interventions, est appelé pour un nouveau sauvetage. Les pompiers ont libéré des chiens abandonnés lorsque le feu menaçait un élevage.

Dylan, 22 ans, ambulancier de profession, a décidé de consacrer son temps libre à la cause animale. En apprenant qu’un incendie majeur ravageait la Gironde, il a convaincu ses amis Marina et Julie de le rejoindre. « On a roulé toute la nuit et rencontré des associations locales qui accueillent les animaux évacués dans des refuges. On a vite compris qu’il y avait un besoin urgent sur le terrain », explique-t-il.

En quelques heures, environ 220 000 personnes ont dû quitter leur logement, laissant derrière elles des animaux qu’elles ne pouvaient pas emmener. « Beaucoup ont laissé leurs chats, pensant rentrer chez eux le lendemain. Maintenant, ils nous appellent pour aller les chercher », souligne Amadeus, président de l’association Futur.

Pour faire face à cette situation, Futur a mis en place une cellule de crise à distance, avec des vétérinaires bénévoles disponibles pour répondre aux appels des propriétaires. Sur le terrain, dès le premier jour, l’équipe a sauvé une centaine de poules et des chèvres à Cestas. Au total, 451 animaux ont déjà été secourus par l’association.

Les bénévoles interviennent également pour éteindre les reprises de feu et sauver les animaux restés sur place. « On ne veut pas se substituer aux secours, mais on essaie de les aider là où ils n’ont pas le temps d’aller », explique Dylan.

Le quotidien des bénévoles est parfois difficile. Récemment, ils ont été appelés pour secourir huit chèvres, mais n’ont pu en ramener que six en raison de la proximité du feu. « Ça fait mal au cœur, mais on se dit qu’on a fait ce qu’on a pu », confie Julie.

Les efforts des associations se multiplient, et un réseau de bénévoles, vétérinaires et refuges s’est rapidement organisé pour répondre à l’urgence. Dans les villes touchées, des élus se mobilisent également pour nourrir les animaux restés sur place.

Alors que la situation demeure préoccupante, toutes les associations lancent un appel à l’anticipation : « Si vous avez des animaux, anticipez au maximum l’évacuation. Ne restez pas seuls : même le jour du départ, on peut vous aider », conclut Julie.

Source : Reporterre

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