3 septembre 2026 à 16h00
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Le Népal est en proie à une tragédie sans précédent, avec plus de 1 200 morts et plus de 3 900 personnes toujours portées disparues à la suite de crues dévastatrices. À Katmandou, sur les rives de la rivière Bagmati, des familles tiennent des crémations symboliques en l’absence de leurs proches, dont les corps n’ont pas été retrouvés.
Les inondations ont été déclenchées par l’effondrement d’un glacier à la frontière népalo-chinoise le 26 août, provoquant une avalanche massive. Des millions de mètres cubes de roche et de glace ont ravagé les vallées des districts de Rasuwa et Nuwakot. Cette catastrophe est considérée comme la pire depuis le tremblement de terre de 2015, qui avait causé plus de 9 000 décès. Contrairement à cet événement, les spécialistes s’accordent à dire que ces inondations sont liées au changement climatique.
« La manière et le moment précis où cela s’est produit ne pourront être déterminés qu’après une étude scientifique approfondie », déclare Ankit Pramanik, chercheur à l’Icimod, un centre de recherche sur l’Himalaya. Il ajoute que « l’Himalaya se réchauffe environ deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale, ce qui soumet le climat et la cryosphère de la région à un stress aigu ».
Profonde injustice climatique
Malgré sa contribution marginale de moins de 0,1 % aux émissions mondiales de CO2, le Népal est l’un des pays les plus touchés par le changement climatique. Avec ses sommets majestueux et glaciers, le pays est particulièrement vulnérable à la fonte accélérée des glaciers, entraînant des crues soudaines et des glissements de terrain. « De nombreuses communautés vivent en aval et sont exposées aux changements affectant les glaciers », souligne Pramanik.
Un rapport de la Banque mondiale prédit que le PIB du Népal pourrait perdre au moins 7 % d’ici 2050 en raison des impacts non maîtrisés du changement climatique. Le pays, avec 30 millions d’habitants, un PIB par habitant d’environ 1 500 dollars et un indice de développement humain de 0,622, doit faire face à des défis économiques considérables.
« Le Népal a élaboré un Plan national d’adaptation 2021-2050 au changement climatique. Pour le mettre en œuvre, nous avons besoin d’environ 2 milliards de dollars par an jusqu’en 2050 », précise Vishnu Prasad Pandey, professeur en ressources en eau à l’université Tribhuvan de Katmandou. Il appelle à une mobilisation internationale pour des financements dédiés à l’adaptation climatique.
Le 31 août 2026, le gouvernement népalais a sollicité une aide d’urgence auprès du fonds dédié aux pertes et préjudices, établi lors de la COP27. Environ 410 millions d’euros seraient disponibles dans ce fonds, bien en deçà des 710 millions d’euros promis et des milliards nécessaires pour faire face à cette crise.
Source : Reporterre

