Climat : les pays riches ont dépensé 136,7 milliards de dollars en 2024, dépassant leur objectif

Climat : les pays riches ont dépensé 136,7 milliards de dollars en 2024, dépassant leur objectif

Les pays riches ont dépassé pour la troisième année consécutive leur engagement de consacrer 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique. Selon un rapport de l’OCDE publié le 21 mai, les pays développés ont alloué 136,7 milliards de dollars (environ 117,5 milliards d’euros) à la finance climatique en 2024. Ce montant inclut les contributions bilatérales et multilatérales, notamment via la Banque mondiale, et couvre les secteurs public et privé, sous forme de prêts et de dons.

Ce chiffre représente une augmentation par rapport aux 132,8 milliards de dollars de 2023 et aux 115,9 milliards de dollars de 2022. Ces fonds visent à soutenir les pays en développement, qui sont les moins responsables du réchauffement climatique, dans leurs investissements dans les énergies renouvelables et leur adaptation aux impacts du changement climatique.

L’ère Trump fait planer l’incertitude

Cependant, les financements publics en faveur du climat ont diminué de 2,6 % pour atteindre 101,6 milliards de dollars en 2024, tandis que les contributions du secteur privé ont bondi à 30,5 milliards de dollars. Raphaël Jachnik, chargé du rapport à l’OCDE, a souligné que cette baisse du financement public bilatéral est en partie due à un retour à un niveau normal après une forte augmentation en 2023.

Les prévisions pour 2025, année marquée par l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, connu pour ses positions climatosceptiques, ne seront pas disponibles avant l’année prochaine, mais pourraient signaler une diminution des financements climatiques. Jachnik a ajouté que le contexte international soulève des questions fondamentales concernant l’objectif d’atteindre 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour les contributions des pays riches.

Les États se sont également fixés un objectif moins précis : lever 1 300 milliards de dollars par an à partir de sources publiques et privées. Adopté lors du sommet de la COP29 de l’ONU en Azerbaïdjan en 2024, ce montant est déjà considéré comme insuffisant par les pays en développement. Mohamed Adow, directeur du centre de réflexion Power Shift Africa à Nairobi, a critiqué le fait que plus des deux tiers des financements publics en faveur du climat se présentent sous forme de prêts, ce qui pourrait accroître le fardeau de la dette des pays vulnérables.

Source : OCDE

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