« C’est la gueule de bois » : le dispositif Renaître, une promesse en toc pour les victimes de violences sexuelles dans l’Église

Une annonce qui fait l’effet d’une claque : le dispositif Renaître remplace l’Inirr, mais les victimes crient à l’escroquerie.

Au lendemain de l’annonce par la conférence des évêques de France (CEF) du dispositif Renaître, les victimes de violences sexuelles dans l’Église se réveillent avec une gueule de bois. Charlotte, engagée dans l’accompagnement des victimes, résume la situation avec une lucidité désarmante : « C’est la gueule de bois ». Joanna, quant à elle, évoque une « grande baffe dans notre figure ». On pourrait presque croire que les évêques ont décidé de jouer à la roulette russe avec les espoirs de rédemption des victimes.

Ce qui se passe réellement

Le dispositif Renaître, censé succéder à l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), suscite des réactions virulentes. Joanna, qui a subi des abus de la part de deux prêtres entre 10 et 15 ans, exprime sa colère : « Pour nous, personnes victimes, c’est un chemin de croix permanent. Mais sur ce chemin, l’Inirr était devenue une étape importante. » Elle déplore que tout ce qui a été travaillé pour la reconnaissance et la réparation soit désormais mis à mal. Les évêques, en tirant un trait sur l’Inirr, semblent avoir choisi l’oubli plutôt que la réparation.

Pourquoi cela dérange

La décision de remplacer l’Inirr par Renaître soulève des questions sur la sincérité des intentions des évêques. L’Inirr, bien que critiquée, avait su corriger certaines erreurs de jeunesse. En revanche, Renaître apparaît comme une tentative de masquer les véritables problèmes sous un vernis de nouveauté. Les victimes, qui ont déjà tant souffert, se retrouvent à nouveau face à des promesses vides, comme un mirage dans le désert de leur quête de justice.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette décision sont lourdes. Les victimes se sentent trahies et abandonnées, comme si leur souffrance n’était qu’un détail dans le grand récit de l’Église. Le dispositif Renaître pourrait bien devenir un symbole de l’inaction et de l’indifférence des autorités religieuses face à la douleur des victimes. Une fois de plus, la parole des victimes est mise de côté au profit d’une façade institutionnelle.

Lecture satirique

Ironiquement, les évêques semblent croire qu’un simple changement de nom suffira à redorer leur blason. Comme si, en remplaçant l’Inirr par Renaître, ils pouvaient effacer des années de souffrance et de silence. Cette stratégie rappelle les promesses des politiciens qui, face à des scandales, changent de slogan sans jamais changer de politique. La contradiction entre leurs discours de repentance et leurs actions réelles est aussi flagrante qu’un prêtre en train de prêcher la chasteté tout en cachant un passé douteux.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Aux États-Unis, par exemple, certains dirigeants tentent de masquer des politiques répressives derrière des discours de liberté. En Russie, la manipulation de la vérité est devenue une norme. Les évêques français, en choisissant l’oubli, participent à cette même logique de déni et de dissimulation.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, il est à craindre que le dispositif Renaître ne soit qu’un nouvel échec. Les victimes continueront de se battre pour leur reconnaissance, tandis que l’Église, en se drapant dans son nouveau manteau, risque de perdre encore plus de crédibilité. La route vers la réparation semble encore longue et semée d’embûches.

Sources

Source : www.lavie.fr

Visuel — Source : www.lavie.fr
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