Céline Dion à Paris : enjeux écologiques d’un événement culturel majeur en question.

Céline Dion à Paris : peut-on encore se permettre une telle gagebie écologique ?

12 septembre 2026 à 06h00

Durée de lecture : 4 minutes

La résidence de Céline Dion débute ce samedi 12 septembre à la Plenitude Arena de Nanterre, où elle se produira jusqu’au 17 octobre 2026. Au total, près de 528 000 spectateurs, dont environ un tiers venant de l’étranger, sont attendus pour ces concerts, avant un retour prévu en mai 2027 pour dix autres dates.

Cette série de spectacles génère une empreinte carbone estimée entre 333 000 et 466 500 tonnes d’équivalent CO2, selon une étude du cabinet Greenly. Pour mettre cela en perspective, une tonne d’équivalent CO2 correspond à un vol Paris-New York. Ce modèle de résidence est désormais considéré comme plus polluant que les tournées mondiales traditionnelles.

Le choix de Céline Dion de se limiter à Paris s’explique par des raisons de santé, la chanteuse souffrant du syndrome de la personne raide, ce qui nécessite des périodes de récupération plus longues entre les concerts. Rémy Knafou, géographe et auteur de l’essai Hypertourisme. Le tourisme à l’épreuve de sa déme, souligne que « Paris est devenu un produit dérivé pour la chanteuse », avec une campagne de promotion centrée sur la capitale française.

Impact environnemental croissant

Les résidences de ce type se multiplient, comme en témoigne le cas d’Adele, qui a fait construire un stade temporaire à Munich pour dix dates en 2024, et celui de Harry Styles, qui se produira uniquement à New York en 2026. Knafou note que ce modèle transforme la dynamique des concerts, où le public converge vers les artistes, créant ainsi une forte concentration de déplacements.

Une étude sur la tournée mondiale de Taylor Swift, publiée en avril 2024, a révélé que le déplacement des spectateurs engendre des coûts environnementaux exponentiels. En Océanie, la demande de vols a été telle qu’Air New Zealand a renforcé ses liaisons entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie pour répondre à cette demande.

« Ces mégaconcerts en résidence sont le symbole de l’hypertourisme »

Rémy Knafou affirme que ces événements encouragent des déplacements massifs, souvent sur de longues distances, ce qui pose un problème écologique majeur. Bien qu’il y ait des bénéfices économiques pour l’hôtellerie et la restauration, ces avantages sont contrebalancés par les conséquences sur l’environnement.

Pour Greenly, l’empreinte carbone générée par le public dépasse largement les économies réalisées par la résidence elle-même. Les tournées mondiales, bien que polluantes, engendrent des émissions de gaz à effet de serre moins élevées en raison de la distance parcourue par le public.

Vers des alternatives plus durables

Dans un rapport sur les défis de la musique live en Europe, la manageuse artistique Cécile Moroux propose un retour aux salles de concert de petite et moyenne taille, soulignant que ces espaces offrent un cadre plus humain et favorisent des pratiques respectueuses de l’environnement.

Bien que les résidences soient financièrement plus avantageuses que les tournées classiques, Knafou soutient qu’il est impératif de repenser ce modèle économique. Selon lui, cela remet en question la responsabilité climatique de ceux qui choisissent de voyager pour assister à ces événements.

Source : Greenly, Rémy Knafou

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