Canicules et incendies : l’extrême droite utilise les crises climatiques à des fins politiques
Face à l’augmentation des événements climatiques extrêmes, tels que les canicules et les incendies, les partis d’extrême droite en Europe et aux États-Unis semblent modifier leur discours. Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que ces crises renforcent la conscience écologique et le soutien aux politiques climatiques, les recherches montrent que ce lien n’est pas automatique. Au contraire, certains partis exploitent ces événements pour promouvoir leur agenda politique.
En France, la canicule historique de juin 2026 a permis au Rassemblement national (RN) de faire évoluer sa position. Le parti tente de gommer ses années de climatoscepticisme en reconnaissant, bien que partiellement, l’impact du dérèglement climatique. Le député Thomas Ménagé a admis que le RN avait manqué de clarté sur ce sujet, tout en minimisant les critiques passées sur le GIEC.
En Espagne, le parti Vox a adopté un discours opposé lors des inondations de Valence en octobre 2024, affirmant que les catastrophes naturelles, comme la « goutte froide », ont toujours existé et en rejetant le consensus climatique. Aux États-Unis, Donald Trump a également maintenu ses positions climatonégationnistes après les incendies de janvier 2025 en Californie, ignorant tout lien avec le changement climatique.
Les partis d’extrême droite ont également recours à un mécanisme d’inversion du blâme, accusant les écologistes et les politiques environnementales d’aggraver les crises. En Espagne, Vox a insinué que les écologistes avaient provoqué les inondations en s’opposant à la construction de barrages. En France, des membres du RN ont déclaré que l’impréparation face aux incendies était due à une « écologie de la décroissance ».
Enfin, ces partis profitent de ces crises pour promouvoir des solutions technologiques qui favorisent la dérégulation environnementale. Le RN a proposé un vaste plan d’équipement en climatisation, tout en maintenant son soutien aux énergies fossiles et en s’opposant à la transition énergétique. De même, Vox a plaidé pour la construction de nouveaux barrages, arguant que l’écologie politique entrave l’action face aux crises.
L’instrumentalisation des événements climatiques par l’extrême droite s’inscrit dans une tendance plus large visant à affaiblir les avancées écologiques, comme l’illustre la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris durant le mandat de Trump ou les efforts de Vox contre la loi européenne de restauration de la nature.
Cet article s’appuie sur des travaux de recherche et des analyses récentes pour examiner comment l’extrême droite adapte son discours face aux défis climatiques.
Source : The Conversation



