Canicule et personnes âgées : écoutons les silencieux
La France fait face à une nouvelle vague de chaleur, avec des températures record qui mettent en danger la vie des plus vulnérables. À l’approche d’une troisième période caniculaire, les premiers bilans révèlent déjà des pertes humaines, avec des estimations qui pourraient dépasser le millier. Les données de Santé publique France indiquent que les personnes âgées de plus de 65 ans représentent une proportion significative des victimes.
Comparée à la canicule de 2003, qui avait causé 15 000 décès, la situation actuelle semble moins meurtrière, en partie grâce à une meilleure préparation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et à une sensibilisation accrue des populations à risque. Cependant, les établissements comme les écoles, crèches et hôpitaux n’ont pas bénéficié de la même vigilance.
Alors que l’attention médiatique se concentre sur d’autres urgences, telles que les noyades et les feux de forêt, il est crucial de maintenir une vigilance constante envers les personnes âgées. La canicule les confine souvent chez elles, les rendant invisibles et silencieuses. La mortalité à domicile a augmenté de 40 % depuis la fin juin, signalant une détérioration alarmante de la situation.
L’« effet retard » des premières chaleurs peut également avoir des conséquences graves sur la santé des personnes âgées. Pour atténuer ces effets, il est essentiel de déployer une politique de santé publique solide et de promouvoir la solidarité au sein des familles, des quartiers et des milieux professionnels. Écouter les plus silencieux d’entre nous est une responsabilité collective.
Source : Santé publique France
