Canicule : qu’est-ce que le plan Orsec « chaleurs extrêmes », déclenché pour la première fois ?

Canicule : le plan Orsec « chaleurs extrêmes » déclenché pour la première fois

Face à la troisième canicule en deux mois, le gouvernement a annoncé le 10 juillet le déclenchement d’un plan Orsec « chaleurs extrêmes » dans les départements placés en vigilance rouge par Météo France. C’est un événement sans précédent, car ce dispositif, habituellement réservé aux inondations, tempêtes ou accidents industriels, n’avait jamais été utilisé pour une canicule.

Le terme Orsec signifie « organisation de la réponse de sécurité civile ». Créé dans les années 1950, ce dispositif a été réformé par la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004. Il est activé lorsque la gestion d’un événement dépasse les capacités habituelles d’un territoire. Dans ce cadre, le préfet est chargé de mobiliser et de coordonner les acteurs concernés, tels que les pompiers, le Samu, la police, la gendarmerie, ainsi que les gestionnaires des réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunication.

Concrètement, le préfet établit un centre opérationnel départemental à la préfecture pour centraliser les informations et piloter les décisions. Si la situation dépasse un seul département, l’un des sept préfets de zone de défense prend le relais. Le dispositif est flexible et peut se décliner selon la nature du risque, avec des volets spécifiques comme Orsec-Novi pour les nombreuses victimes ou Orsec-inondation.

Jusqu’à présent, la gestion des vagues de chaleur était considérée comme un simple volet sanitaire, issu du plan national canicule créé après l’épisode meurtrier de 2003. Ce volet se concentrait sur la santé publique, piloté principalement par les Agences régionales de santé (ARS).

Le nouveau plan Orsec « chaleurs extrêmes », activé pour la première fois, élève la canicule au rang de catastrophe à gérer comme une crise de sécurité civile, au même titre qu’une inondation ou une tempête. Le préfet dispose désormais de pouvoirs élargis, tels que la possibilité de reporter ou d’annuler des événements, d’adapter les horaires de travail ou d’ouvrir des centres de rafraîchissement dans chaque département.

Une autre innovation de ce plan est le ciblage renforcé des publics vulnérables. Il prévoit un repérage des personnes isolées, souvent âgées, qui souffrent le plus lors des vagues de chaleur. Les préfets doivent s’appuyer sur des registres à jour avec les communes et la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS). De plus, le réseau des facteurs de La Poste est mobilisé pour identifier les personnes seules.

Ce changement survient alors que la France fait face à une série de canicules, soulignant que les vagues de chaleur ne sont plus des événements exceptionnels, mais des crises appelées à se répéter et nécessitant une anticipation adéquate.

Source : La Croix

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