Canicule et crudités : la hausse des températures entraîne celle des prix
Avec l’arrivée de fortes chaleurs, les crudités deviennent des aliments de choix pour se rafraîchir. Toutefois, leur coût pourrait augmenter considérablement. L’épisode caniculaire de fin juin, suivi d’un nouvel épisode actuel, a provoqué une hausse des prix pour plusieurs fruits et légumes.
Sur le marché de gros de Rungis, le prix du concombre origine France a grimpé de 41 % durant la semaine du 20 juin, alors que le concombre espagnol a enregistré une hausse de 75 %. Ces chiffres sont issus des données publiées par FranceAgrimer et le Réseau des nouvelles des marchés (RNM).
Forte demande et rendement en baisse
Cette augmentation des prix s’explique par une demande accrue, alimentée par la chaleur, et une offre en déclin. Les conditions climatiques ont affecté la croissance des plants, comme le souligne la note de conjoncture hebdomadaire du 30 juin.
Le phénomène ne se limite pas aux concombres. La tomate grappe d’origine France, qui se vendait à 1,20 euro le kilo mi-juin, a atteint 3 euros les 29 et 30 juin, avant de redescendre à 2,20 euros le 3 juillet.
Les températures élevées impactent également le rendement des fruits et légumes, entraînant une croissance plus lente et des pertes plus importantes. De plus, la mise sur le marché est ralentie en raison de l’adaptation des conditions de travail dans les exploitations.
Sébastien Darrort, directeur achat-offre chez Pronatura, un expéditeur de fruits et légumes bio, précise que l’inflation observée depuis avril est surtout liée à la forte demande due à la chaleur.
Menaces sur certaines récoltes
Daniel Sauvaître, président d’Interfel, a souligné qu’il n’y a pas de tension généralisée sur l’approvisionnement, mais les craintes d’une production réduite se font sentir pour les mois à venir, notamment pour des fruits encore sur les arbres tels que les prunes et les pommes. La récolte des pommes pourrait diminuer de 20 % par rapport à l’année précédente.
Les récoltes de carottes et de pommes de terre pourraient également être affectées par une sécheresse exceptionnelle, rendant les prochaines semaines cruciales pour leur développement.
La canicule a aussi des conséquences sur la production d’œufs, avec une mortalité de 1,5 % des poules pondeuses, selon le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO). Les poules produisent des œufs de plus petite taille durant les périodes de chaleur.
Dans un contexte de ruptures de stock fréquentes, notamment pour les produits bio, Yves-Marie Beaudet, président du CNPO, a rassuré sur le fait que la demande en œufs est généralement moins forte durant les mois d’été.
Les prix facturés par les producteurs à la grande distribution sont fixés par contrat, ce qui limite les hausses en rayon, sauf si la grande distribution décide de les augmenter.
Source : FranceAgrimer, RNM, Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO).
