Une journée de canicule devant CNews : climatisation omniprésente, changement climatique ignoré
Dimanche, la France s’apprête à vivre potentiellement sa journée la plus chaude jamais enregistrée, avec des températures atteignant des sommets alarmants. À 8h39, sur CNews, l’ex-député Meyer Habib aborde des sujets éloignés de cette réalité climatique brûlante, affirmant que « la haine d’Israël, mais aussi la haine du juif, est le carburant de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise ». Ce discours marque le début d’une journée où le changement climatique semble être largement ignoré.
L’émission phare de la chaîne, « L’Heure des pros », animée ce dimanche par Eliot Deval, ne fait pas exception. Il évoque un « confinement caniculaire » sans pour autant aborder le phénomène de la chaleur extrême qui s’abat sur le pays. En comparaison, son prédécesseur, Pascal Praud, avait minimisé un épisode de chaleur similaire en mai, le qualifiant de « pas exceptionnel ».
Le 21 mai, alors qu’un épisode de chaleur qualifié d’« ovni climatique » par le climatologue Christophe Cassou frappait la France, Praud avait balayé d’un revers de manche le consensus scientifique. Aujourd’hui, la situation est critique : 35 départements sont placés en vigilance rouge par Météo-France, un chiffre qui grimpe à 49 le lendemain. Cette canicule pourrait avoir une durée et une sévérité semblables à celles d’août 2003, qui avait causé près de 15 000 décès.
Malgré ces chiffres alarmants, ni Eliot Deval ni la journaliste météo de CNews, Sandra Larue, n’ont mentionné le rôle du réchauffement climatique d’origine humaine dans l’apparition de cet épisode caniculaire. Pendant près de sept heures de direct, le terme « changement climatique » n’a pas été prononcé une seule fois.
À 15h25, Olivier Vial, président de l’organisation universitaire d’extrême droite UNI, remet en question l’efficacité des politiques écologistes passées, arguant qu’il serait vain de lutter contre le réchauffement climatique. Il préconise de « mettre la clim partout », ignorant les avertissements du GIEC sur les dangers d’une telle approche, notamment en raison de sa consommation d’énergie et des inégalités qu’elle engendre.
La question de la climatisation a été au cœur des discussions, tandis que des solutions structurelles comme la rénovation thermique et la végétalisation des villes n’ont pas été évoquées. Ce phénomène de désinformation est régulièrement observé, comme le souligne l’association QuotaClimat, qui a alerté l’Arcom à plusieurs reprises concernant des propos climatosceptiques diffusés sur la chaîne.
En fin de journée, alors que les températures atteignent 36 °C et un ressenti de 45 °C, la réalité de la canicule s’impose. Les médias semblent, une fois de plus, ignorer l’urgence d’une action climatique, laissant les citoyens face à une chaleur étouffante sans véritable réponse politique ou médiatique.
Source : Reporterre
