Canicule : Chaque dixième de degré supplémentaire fait augmenter les violences faites aux femmes
Les canicules fréquentes, avec des températures dépassant les 40 °C, et les incendies ravageurs révèlent une autre urgence, souvent négligée : l’augmentation des violences faites aux femmes et aux filles. Le changement climatique a des conséquences sexistes. Chaque dixième de degré supplémentaire contribue à un recul des droits des femmes, comme le montrent diverses études internationales.
Lors de la canicule de fin juin 2026, les signalements de harcèlement de rue ont enregistré une hausse de 30 % à Paris, selon l’application Umay. En Espagne, les risques de féminicides augmentent également lors des épisodes de chaleur, selon une étude de Sanz-Barbero et al. (2018).
À l’échelle mondiale, la situation est alarmante. En Éthiopie, la sécheresse historique de 2022 a entraîné une augmentation de 119 % des mariages forcés dans certaines régions, rapportée par l’UNICEF. En Asie, une hausse d’un degré de la température annuelle moyenne est associée à une augmentation de 4,7 % des violences conjugales, selon l’ONU (2025).
Le changement climatique exacerbe les inégalités de genre. La chaleur agit comme un catalyseur de violences, intensifiant le stress et l’irritabilité dus à la perte de sommeil et aux difficultés économiques, entraînant des violences souvent dirigées contre les femmes et les filles.
Malgré ces réalités, elles restent largement absentes des politiques climatiques. Les mes gouvernementales, telles que la cessation de certains programmes de recherche sur l’adaptation aux fortes chaleurs, montrent un recul préoccupant des politiques climatiques. En matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les efforts demeurent insuffisants : une baisse de 3 % en 2024 et de 2,1 % en 2025, tandis qu’une réduction de 5 % par an est nécessaire pour respecter les engagements de l’Accord de Paris.
Les conséquences de cette inaction sont significatives. Si le réchauffement atteint 2 °C d’ici 2090, jusqu’à 40 millions de femmes et de filles supplémentaires pourraient être exposées chaque année aux violences. Les gouvernements doivent reconnaître le lien entre le changement climatique et les violences sexistes.
Les femmes ne sont pas seulement victimes de cette crise, elles sont aussi des actrices clés dans la recherche de solutions. Cependant, elles sont souvent exclues des discussions sur les politiques climatiques. Leur voix est essentielle pour élaborer des stratégies d’adaptation répondant à leurs besoins spécifiques.
Agir pour le climat, c’est aussi défendre les droits humains et les droits des femmes.
Source : La Croix

