Bouilloires thermiques : en pleine canicule, le gouvernement « offre un énième cadeau aux propriétaires »

Bouilloires thermiques : en pleine canicule, le gouvernement « offre un énième cadeau aux propriétaires »

La France fait face à un nouvel épisode de canicule, aggravé par l’inaction climatique du gouvernement. Après une première vague de chaleur inédite fin mai et une canicule historique fin juin, des millions de personnes subissent des conditions de vie insupportables dans des logements mal adaptés à la chaleur. Selon Santé publique France, 8 973 décès ont été enregistrés durant le pic de la canicule du 22 au 28 juin, une augmentation de 30 % par rapport à la période précédente. Parmi ces décès, 605 ont eu lieu à domicile, soit une hausse de 91 %.

Dans ce contexte, le projet de loi sur le logement, examiné au Sénat les 7 et 8 juillet, a suscité de vives critiques. Ce texte propose de lever l’interdiction de louer 700 000 logements classés comme passoires énergétiques (diagnostic de performance énergétique F ou G). Les propriétaires pourraient continuer à louer ces logements en s’engageant à réaliser des travaux dans un délai de trois à cinq ans, selon le type de propriété.

Cette me pourrait retarder la rénovation de ces bouilloires thermiques, qui concernent un logement sur trois. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du collectif Droit au logement (DAL), qualifie cette initiative de « énième cadeau du gouvernement aux propriétaires ». Des associations, dont le DAL, ont organisé un campement près du Sénat pour alerter sur les dangers de ce projet de loi.

Malgré les promesses du ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, d’un « partenariat gagnant-gagnant », les critiques persistent. Damien Barbosa, coordinateur du collectif Rénovons, souligne que les conditions posées pour les travaux restent floues et que la vérification de leur réalisation est incertaine.

En parallèle, le gouvernement a décidé de réduire le périmètre de MaPrimeRénov’ et de dissoudre le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains (GIP-Epau), qui soutenait des projets d’adaptation des logements au changement climatique.

Face à ces reculs, plusieurs associations appellent à une grève des loyers pour les logements non adaptés aux fortes chaleurs. Une pétition intitulée « Pas de volets, pas de loyer » a recueilli près de 46 000 signatures depuis le 29 juin. Les députés insoumis ont également déposé une proposition de loi pour suspendre le paiement des loyers dans les logements ne protégeant pas leurs occupants des fortes chaleurs.

Source : Santé publique France, Droit au logement (DAL)

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