« Il faut alléger la charge écologique et invisible des femmes »

Il faut alléger la charge écologique et invisible des femmes

Mercredi 24 juin a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France, touchant 58 départements et 44 millions d’habitants, avec 1 800 établissements scolaires fermés. Dans ce contexte de chaleurs extrêmes, la question de la prise en charge des enfants et des tâches domestiques se pose, souvent au détriment des femmes.

Une enquête qualitative menée par la Fondation Jean-Jaurès pour Citeo montre que les femmes sont souvent en première ligne face aux défis écologiques du quotidien. Ce travail, bien que discret et rarement mesuré, est essentiel. Les femmes sont souvent responsables de l’adoption de gestes écologiques, ce qui intensifie leur charge de travail domestique.

En matière de pratiques écologiques, les femmes prennent généralement l’initiative. Elles sont plus susceptibles d’anticiper les besoins, comme faire des listes de courses détaillées incluant des fruits et légumes de saison et des produits à éviter. Cette expertise, bien qu’importante, leur impose une responsabilité supplémentaire, notamment en matière d’éducation des enfants sur les questions environnementales.

La situation devient encore plus complexe dans les foyers engagés écologiquement, où les femmes prennent souvent le relais lorsque les gestes à adopter deviennent plus exigeants. Les offres de produits DIY écologiques, tels que les shampoings et les produits ménagers, ciblent principalement un public féminin, renforçant ainsi cette dynamique.

Une interviewée a exprimé son sentiment de surcharge : « On est au max. » Ce sentiment de culpabilité est accentué par l’éco-anxiété, qui est mesurée comme étant plus forte chez les femmes que chez les hommes, selon des enquêtes quantitatives.

Malgré cette charge, les femmes sont souvent réticentes à nommer la charge écologique qu’elles portent. Elles ont tendance à minimiser l’inégalité dans le partage des tâches, même si elles reconnaissent faire davantage. La notion de charge mentale est plus facilement acceptée, alors que la charge écologique est parfois perçue comme un sujet de tension à éviter.

Pour alléger cette charge invisible, il est crucial de mieux répartir les efforts écologiques entre les sexes. Cela nécessite une transformation des modes de vie à travers des offres et des services adaptés, ainsi qu’une implication plus grande des hommes dans ces tâches. Les épisodes climatiques extrêmes, comme la canicule actuelle, soulignent l’importance de cette répartition équitable.

Source : La Croix.

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