Exposition en Bretagne : au château de Bois Orcan, Claude Viallat libère couleur et matière

Exposition en Bretagne : au château de Bois Orcan, Claude Viallat libère couleur et matière

Claude Viallat, invité par Guy Landon en 2004 pour créer trois vitraux dans la chapelle Saint-Julien de sa propriété de Bois Orcan près de Rennes, revient cet été avec une quarantaine d’œuvres exposées dans le logis-porche et les communs récemment rénovés.

Intitulée « Retour à Bois Orcan », cette exposition, réalisée en collaboration avec l’historien de l’art Philippe Bouchet, met en lumière les réflexions contemporaines de l’artiste, membre du mouvement Supports/Surfaces, sur la couleur et l’espace. Les œuvres récentes, qui dialoguent avec l’architecture du XVe siècle, incluent des sculptures réalisées à partir de matériaux de récupération, profitant des angles morts ou intégrant des éléments architecturaux tels que des poutres. Les peintures sur bâches flottantes s’harmonisent avec les colombages de bois et les imperfections du plâtre. L’accrochage a été réalisé par Viallat lui-même, qui a veillé à l’équilibre de chaque mur. Une vidéo réalisée par Sylvaine Landon et Julie Quintard, projetée dans le pigeonnier, fournit une introduction au parcours, accessible jusqu’au 1er novembre.

Un haricot de soixante ans

Depuis le milieu des années 1960, Claude Viallat (né en 1936) utilise un pochoir pour appliquer une forme évoquant une éponge ou un haricot sur divers supports. Cette forme interagit avec la couleur, la texture du papier, et parfois avec les motifs des tissus, tels que des bâches. En utilisant une contreforme, il explore de nouvelles variations graphiques. Le motif, ni organique ni géométrique, se décline en rouge, rose et vert, prenant des silhouettes variées selon l’épaisseur du trait.

Support brut et traces de peinture

Viallat remet en question la forme traditionnelle de la peinture et de la sculpture, délaissant le cadre et le châssis pour des matériaux tels que le carton, le papier ou le bois, souvent de récupération. Il met en avant la matière brute de ses supports et les marques de son processus créatif. Par exemple, la régularité de ses motifs sur un store fait écho à celle des carreaux en terre cuite. L’artiste accroche certaines œuvres en biais pour contraster avec l’horizontalité des poutres anciennes du lieu.

Joies nouvelles

Deux toiles récentes, accrochées au premier étage des dépendances du château, se distinguent par leurs couleurs chaudes, évoquant le soleil du Midi. Sur des supports traités en réserve, le motif récurrent de Viallat apparaît moins rigide, laissant transparaître une liberté inattendue à l’approche de ses 90 ans.

Sans châssis

Trois toiles libres présentées dans une salle ressemblant à une white box illustrent l’importance de son choix de peinture sans châssis. La toile, au gré du vent, flotte et joue avec la planéité, permettant à l’artiste de modifier son motif selon les compositions.

Trois vitraux pour le Bois Orcan

Les trois vitraux de Bois Orcan, installés il y a plus de vingt ans, prolongent les recherches colorées de Viallat, intégrant un jeu de textures différent grâce à la superposition des plaques de verre. Les couleurs des vitraux, en réponse à des éléments historiques, apportent une dimension supplémentaire à l’espace.

Face à Étienne-Martin

Claude Viallat expose également quelques sculptures récentes à proximité des œuvres d’Étienne-Martin, dont les bronzes organiques occupent le jardin. Un dialogue se crée entre les œuvres, renforçant l’interaction entre les différentes formes d’art.

« Claude Viallat. Retour au Bois Orcan »
Château du Bois Orcan, 28 allée du Bois Orcan, 35530 Noyal-sur-Vilaine
Jusqu’au 1er novembre

Source : Connaissance des Arts

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