En voiture, les ceintures de sécurité ne sont pas adaptées aux femmes enceintes : un enjeu de sécurité public
Une récente étude menée par des ingénieurs biomédicaux de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) révèle que seulement 11,4 % des femmes enceintes parviennent à attacher correctement leur ceinture de sécurité, même après avoir reçu des instructions. Ce constat soulève des questions sur l’efficacité des systèmes de sécurité actuels pour cette population.
À me que leur ventre grossit, de nombreuses femmes enceintes rencontrent des difficultés pour s’installer en voiture et pour ajuster leur ceinture de sécurité. Le dispositif de sécurité à trois points, inventé en 1959 par Nils Bohlin, n’a que peu évolué depuis sa création, à l’exception de l’ajout d’enrouleurs automatiques dans les années 70.
Les recommandations actuelles stipulent que la sangle basse doit épouser les hanches et ne jamais reposer sur le ventre, tandis que la partie haute doit être centrée entre les seins. Cependant, les recherches montrent que, malgré leurs efforts, les femmes enceintes n’arrivent pas à positionner correctement leur ceinture. En effet, une étude australienne a révélé que seulement 41 % des participantes parvenaient à bien ajuster leur ceinture.
Il est essentiel de rappeler que la ceinture de sécurité est cruciale pour la protection des femmes enceintes et de leurs fœtus. Une étude de 2008 a démontré qu’en cas d’accident, 80 % des femmes enceintes sans ceinture ont perdu leur fœtus, contre 29 % de celles qui en portaient une.
Les experts, tels que le Dr Peter Cripton de l’UBC, appellent à l’adaptation des ceintures de sécurité pour mieux convenir à l’anatomie des femmes enceintes. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a également souligné que les ceintures actuelles ne tiennent pas compte de cette morphologie, ce qui entraîne des risques pour la santé de la mère et de l’enfant.
Des recommandations ont été formulées pour concevoir des ceintures plus adaptées, notamment une sangle abdominale plus large et des matériaux qui se dilatent lors d’un choc. Enfin, il est jugé nécessaire d’utiliser des mannequins de crash-test adaptés aux femmes pour améliorer la sécurité des véhicules.
Source : HuffPost, Université de la Colombie-Britannique.


