Au sommet des montagnes, sur les traces de la guerre des croix
Une vidéo récente a suscité une large émotion à travers le monde, dépassant le cadre des croyants. On y voit Maël Le Lagadec, un apprenti paysagiste de 18 ans, réaliser l’ascension du pic d’Aneto, le point culminant des Pyrénées à 3 404 mètres d’altitude. Il porte sur son dos une croix en noyer de 35 kg, qu’il a sculptée lui-même pour remplacer une croix vandalisée en avril 2026.
Ce geste est d’autant plus frappant que le jeune homme ne se considère ni croyant ni alpiniste. Il évoque une rupture amoureuse qui l’a poussé à agir : « J’ai cherché à bouger, à ne pas rester collé aux réseaux sociaux », explique-t-il. Sa motivation trouve également racine dans des images du lac d’Oô, un site emblématique des Pyrénées, qu’il a découvert sur Instagram.
Peu après son exploit, la croix tombe dans le vide, puis est retrouvée par des alpinistes espagnols. Face à cette situation, Maël Le Lagadec exprime des craintes quant à l’impact du buzz médiatique sur des actes malveillants. En apprenant, fin juin, que sa croix a de nouveau disparu, il décide d’en ériger une autre le 11 juillet, tout en restant discret sur les réseaux sociaux.
Destructions et édifications illégales
L’histoire de Maël Le Lagadec n’est pas un cas isolé. Des croix sommitales sont fréquemment endommagées ou détruites, souvent sans revendication. Un exemple notable en dehors de la France est celui d’un guide de montagne suisse, condamné en 2012 pour la destruction de trois croix dans le canton de Fribourg, justifiant son acte par l’idée que « l’Église n’a pas à imposer ses objets de culte ». De plus, des indépendantistes catalans ont été signalés pour avoir vandalisé des croix.
Cette problématique soulève des questions sur la préservation des symboles religieux en milieu montagnard et l’impact des actions individuelles sur la communauté. La situation reste à suivre, alors que des initiatives pour la protection de ces monuments pourraient émerger.
Source : La Vie


