Accès aux soins : L’offre médicale ne répond pas à un fonctionnement concurrentiel classique
La question de l’accès aux soins en France demeure d’actualité, notamment pour les 9 millions de citoyens vivant dans des zones touchées par la désertification médicale. Le Sénat, en juin dernier, n’a pas tranché sur la nécessité d’une loi pour lutter contre ce phénomène, remettant à plus tard l’examen de la proposition de loi Garot. Deux options se dessinent : une régularisation stricte ou un aménagement de la liberté d’installation basé sur la solidarité nationale.
Benjamin Montmarin, professeur d’économie et de data science à Skema Business School, souligne que « le débat sur les déserts médicaux souffre d’un manque d’indicateurs précis pour objectiver les besoins réels des territoires et évaluer l’efficacité des politiques mises en œuvre. On ne peut améliorer durablement l’accès aux soins que si l’on est capable de le mer avec finesse en tenant compte de l’ensemble des acteurs du système ».
Dans ce contexte, l’école de commerce, en collaboration avec l’Université Côte d’Azur, a lancé le premier Observatoire de l’accès aux soins en France. Cet outil vise à mer et à visualiser les inégalités d’accès aux services de santé. Il agrège des données provenant de la CNAM, de l’Insee et d’autres bases publiques gouvernementales, offrant ainsi une vue détaillée de l’offre de soins à l’échelle infra-communale. Cette approche permet d’analyser les inégalités au sein même des métropoles. Par exemple, à Nice, l’écart de revenus entre le nord de la ville et sa partie littorale est significatif, justifiant une décomposition en 144 quartiers.
L’observatoire couvre un large éventail de soins avec des indicateurs pour 22 spécialités de santé, y compris la médecine générale, les sage-femmes, les infirmiers, et les dentistes, ainsi que pour les services hospitaliers, les pharmacies et les EHPAD. Cet outil est accessible gratuitement depuis le 11 juin dernier.
Source : Observatoire de l’accès aux soins, Skema Business School

