Blocage du détroit d'Ormuz : comment le canal de Panama profite de la crise au Moyen-Orient – L'Express

Blocage du détroit d’Ormuz : comment le canal de Panama profite de la crise au Moyen-Orient

Le canal de Panama, voie d’eau stratégique, connaît une augmentation significative de son trafic depuis que le conflit entre les États-Unis et l’Iran a presque paralysé le passage dans le détroit d’Ormuz. Actuellement, le canal fonctionne à près de sa capacité maximale, avec entre 36 et 40 passages par jour. En avril dernier, le nombre de méthaniers empruntant cette voie a presque doublé par rapport à l’année précédente, alors que plusieurs pays, privés de leurs approvisionnements en énergie du Golfe, se tournent davantage vers l’énergie américaine.

Le commerce mondial, face à cette crise, a cherché des alternatives, et le canal de Panama a émergé comme une solution de repli. Bien qu’il ne représente que 5 à 6 % du commerce maritime mondial, son rôle est crucial, notamment pour le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Depuis son agrandissement en 2016, le canal a vu transiter environ un million de barils de GPL par jour, reliant le golfe du Mexique aux usines pétrochimiques en Asie.

Un créneau à quatre millions de dollars

Avant la fermeture du détroit d’Ormuz, le coût moyen d’un passage par enchères se situait entre 135 000 et 140 000 dollars. Actuellement, ce montant oscille entre 385 000 et 425 000 dollars, certaines entreprises ayant même déboursé jusqu’à quatre millions pour un seul créneau. Pour le Panama, cette situation est financièrement avantageuse : le canal a versé près de trois milliards de dollars au Trésor public lors de l’exercice clos en septembre 2025, représentant plus d’un cinquième des recettes de l’État.

Eau rare mais puissances présentes

La gestion de l’eau demeure un enjeu crucial pour le canal, qui dépend de lacs alimentés par les pluies. Lors de la sécheresse de 2023-2024, le nombre de passages quotidiens avait été réduit à 18, forçant certains méthaniers à emprunter le cap de Bonne-Espérance. Les prévisions climatiques évoquent un possible épisode El Niño, qui pourrait réduire encore plus les niveaux d’eau dans les lacs.

Depuis le 25 juillet, l’autorité du canal a suspendu une partie des enchères pour les écluses Panamax afin de préserver les ressources en eau. La capacité de réservation a ainsi été diminuée de 36 à 34 navires par jour. Cette restriction complique la planification pour les compagnies maritimes, qui doivent anticiper des difficultés pour obtenir un passage.

Les armateurs ont déjà commencé à répercuter ces coûts supplémentaires sur leurs clients, avec des hausses de tarifs allant de 40 à 100 dollars par conteneur sur plusieurs liaisons.

En conclusion, bien que le canal de Panama profite actuellement de la crise au Moyen-Orient, la volatilité de la situation géopolitique et climatique laisse entrevoir des incertitudes pour l’avenir.

Source : L’Express

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