On peut perdre plus de la moitié des ruches : l’alerte d’un apiculteur face à la souffrance des abeilles
Face à un été particulièrement chaud et marqué par des vagues de chaleur successives, les abeilles peinent à s’adapter à des températures extrêmes. Pierrick Lefort, apiculteur en Haute-Vienne, tire la sonnette d’alarme sur la situation alarmante qui menace tant la vie de ses abeilles que sa production de miel.
« On peut perdre plus de la moitié des ruches, ça peut représenter des pertes énormes. » Pour les 15 millions d’abeilles de Lefort, la situation devient critique. En raison des sécheresses et des vagues de chaleur, il observe que ses colonies ne se trouvent pas dans leur état habituel pour une fin de juillet : « Quand on ouvre nos ruches, on a l’impression qu’il n’y a pas de miel. »
Les abeilles ouvrières doivent maintenir une température constante de 30 à 35°C dans la ruche. Lorsque le thermomètre s’affole, elles doivent aller chercher de l’eau pour ventiler. Michel Audevard, vice-président du Syndicat limousin apicole, déclare : « C’est très compliqué, les abeilles passent leur temps à transporter de l’eau pour essayer de maintenir une température constante à l’intérieur de la ruche. » Dans une ruche de 60 000 abeilles, il faut environ 2 litres d’eau par jour, ce qui représente un travail considérable pour les insectes.
Face à un manque de nourriture, de pollens et de nectar, les apiculteurs sont contraints de nourrir artificiellement leurs abeilles avec un sirop, ce qui représente une charge supplémentaire pour une profession déjà fragilisée. Audevard souligne : « On n’a pas que le dérèglement climatique qui pose problème en apiculture. » Les apiculteurs doivent également faire face aux frelons asiatiques, qui menacent les colonies.
Lefort et sa compagne, également apicultrice, n’ont jamais rencontré une telle situation. Ils s’inquiètent de l’avenir de leur métier : « Cette récolte est particulière, très technique, elle nous a demandé beaucoup d’adaptation. J’espère que ça ne va pas se reproduire chaque année, sinon il va falloir réinventer l’apiculture. »
Le syndicat limousin agricole partage cette inquiétude : « On peut toujours déplacer les ruchers ou les mettre dans des endroits ombragés, mais nous sommes tributaires de la nature. »
Certaines fleurs, ayant déjà poussé prématurément, ont souffert des chaleurs extrêmes, ce qui limite la production de certains miels monofloraux. Néanmoins, la qualité du miel reste intacte, offrant une maigre consolation aux apiculteurs.
Source : France 3 Régions


