Incendies : faut-il interdire la chasse pour laisser du répit aux animaux sauvages ?

Incendies : faut-il interdire la chasse pour laisser du répit aux animaux sauvages ?

Alors que des forêts de Gironde sont ravagées par les incendies, des images de chevreuils désorientés tentant de fuir les flammes ont circulé sur les réseaux sociaux. Il y a quinze jours, d’autres animaux fuyaient une forêt dévastée à Fontainebleau. Cette situation a suscité une mobilisation de milliers de bénévoles pour participer aux sauvetages.

Plusieurs associations animalistes, telles que l’association Futur et la fondation Brigitte Bardot, ont appelé à un moratoire sur la chasse, profitant de l’émotion générale. La pétition de l’association Futur a recueilli plus de 43 000 signatures. Amadeus, président de l’association, a déclaré : « Les animaux ont subi deux crises importantes, la canicule puis les incendies. Ils ont besoin d’être apaisés, de se reproduire, de reprendre des forces. »

D’autres pétitions ont vu le jour, notamment celle lancée par Bruno Valentin, qui a recueilli près de 200 000 signatures. D’autres initiatives ont été mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale, totalisant plus de 5 700 signatures pour une demande de restriction de la chasse.

Encadrer la chasse

Ce n’est pas la première fois que des organisations demandent la suspension de la chasse après des incendies. En janvier 2026, un arrêté préfectoral a restreint l’accès aux zones touchées par un méga-feu dans les Corbières, où près de 17 000 hectares ont été détruits. Laure Gisie, juriste à l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), a exprimé son indignation face à la reprise de la chasse dans ces zones sinistrées.

En 2022, après une canicule et plusieurs incendies, l’Aspas avait réussi à obtenir le report de l’ouverture de la chasse dans certaines régions, comme l’Aveyron et les Bouches-du-Rhône.

Les associations soulignent l’article R424-3 du code de l’environnement, qui permet au préfet de suspendre la chasse en cas de calamité, notamment les incendies. Selon Laure Gisie, ce moratoire est essentiel pour protéger les animaux survivants et permettre une évaluation scientifique de la reprise de la biodiversité.

Réactions des chasseurs

Cependant, les chasseurs contestent cette proposition. Willy Schraen, président de la fédération nationale des chasseurs, a qualifié le moratoire de « ridicule » et « idéologique ». Olivier Tournafond, président de la société de sauvegarde de la forêt de Fontainebleau, a ajouté que les chasseurs jouent un rôle crucial dans la régulation des populations de gibier et la surveillance des forêts.

Matthieu Payet-Godel, maître d’équipage du rallye de Fontainebleau, a indiqué que seule une petite partie de la forêt avait été touchée par l’incendie, rendant la question du moratoire peu pertinente pour les autres secteurs.

Conséquences de la situation

Bien que la saison de chasse soit maintenue, la capacité des chiens de chasse à traquer les cervidés pourrait être compromise, car les conditions de terrain ont changé. Claude Seraud, directeur adjoint de la Fédération des chasseurs de Seine-et-Marne, a souligné l’importance de maîtriser l’incendie avant de prendre des décisions sur la chasse.

Du côté de l’Office national des forêts (ONF), la question d’une restriction de la chasse est délicate. Sophie David, responsable environnement, a mis en avant que les cervidés et chevreuils consomment les jeunes arbres, ce qui pourrait nuire à la régénération des forêts.

En somme, le débat sur la chasse après les incendies s’intensifie, opposant les préoccupations des associations animalistes à la position des chasseurs, chacun plaidant pour la protection des écosystèmes.

Source : Reporterre

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