À Ceuta, un afflux de migrants sans précédent provoque l’affolement et un début de crise diplomatique
Publié le : 31/07/2026 – 08:28
À Ceuta, enclave espagnole située à la frontière entre le Maroc et l’Espagne, la situation est extrêmement tendue. Le jeudi 30 juillet, des milliers de migrants, principalement des jeunes Marocains, dont un certain nombre de mineurs, ont pénétré illégalement dans la ville à la nage. Les autorités espagnoles font état d’au moins quinze victimes. En réponse, l’Espagne a fermé sa frontière.
La police marocaine a été critiquée pour sa passivité lors des premiers moments de cette crise, permettant ainsi une entrée massive de migrants. Sur le territoire espagnol, les forces de l’ordre étaient débordées jusqu’à ce que le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, ordonne l’intervention de l’armée et la fermeture de la frontière. Les réseaux sociaux montrent des images de jeunes migrants, pieds nus et trempés, célébrant leur arrivée en Espagne avec des cris de joie.
L’Espagne a annoncé son intention de renvoyer ces milliers de migrants au Maroc, mais cette promesse reste incertaine malgré le souhait officiel de Rabat de les accueillir.
Cette situation est exacerbée par une récente décision du tribunal suprême espagnol, qui a établi que les migrants entrant par la mer ne peuvent pas être immédiatement renvoyés au Maroc, contrairement à ceux passant par la grille. Cette information a circulé sur les réseaux sociaux, entraînant un afflux sans précédent de migrants.
Des critiques de l’Italie
En quelques jours, plus de 1 500 personnes ont franchi illégalement la frontière de Ceuta, rappelant une crise migratoire similaire survenue en 2021. L’Italie a réagi en demandant l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen, une proposition qui a été qualifiée de « démagogique » par le ministre espagnol des Affaires étrangères.
Les critiques italiennes se sont intensifiées, avec des appels à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, soutenus par la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, et son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani. Ces derniers ont dénoncé la campagne de régularisation menée par le gouvernement espagnol, qui a permis à plus d’un demi-million de migrants sans papiers d’obtenir des documents.
Le commissaire européen aux migrations, Magnus Brunner, a proposé un renforcement des capacités de l’Espagne par l’agence Frontex, tout en préconisant le retour rapide des migrants vers le Maroc.
Source : RFI

