La mise à sens unique de cette artère du sud de Marseille ulcère les habitants : « À la rentrée, ça va être apocalyptique »
Dans le 9e arrondissement de Marseille, la récente décision de rendre une portion du boulevard de La Gaye à sens unique suscite des inquiétudes parmi les habitants. La maire Éléonore Bez (RN) a exprimé son mécontentement, déclarant avoir découvert ce changement sans aucune concertation. « Maintenant on est bloqué. Tout le quartier est saturé alors que nous ne sommes que le 28 juillet. À la rentrée, ça va être apocalyptique ! » a-t-elle affirmé.
Les travaux en cours, qui ont débuté cet hiver, s’inscrivent dans le cadre du projet de Boulevard urbain sud (BUS) porté par la Métropole Aix-Marseille-Provence. Ce projet vise à améliorer les infrastructures de transport dans la région, mais les habitants craignent que les embouteillages déjà présents ne s’aggravent. « Ça a été l’horreur pendant des mois. Tout l’hiver jusqu’en juin, on se disait ‘vivement que ça rouvre’ » a déclaré Virginie, une riveraine impliquée dans la vie locale.
La maire a critiqué la manière dont cette décision a été prise, la qualifiant de « cavalière ». Une étude sur les effets de ce sens unique est en cours, mais les habitants n’ont pas été informés de son caractère temporaire. Éléonore Bez a ajouté que cette décision « punit les habitants du secteur » et qu’elle demande des explications à la mairie centrale.
Le problème est exacerbé par le manque de transports en commun dans le secteur, où seule une ligne de bus est disponible, rendant de nombreux habitants dépendants de leur voiture. Ce changement de plan, qui réduit l’espace dédié aux voitures au profit des cyclistes, suscite des réticences, d’autant plus que le quartier est considéré comme « un quartier de tout-voiture ».
La pratique du vélo en milieu urbain a connu une hausse significative en France depuis la crise sanitaire, avec une augmentation de 40 % de son utilisation entre 2019 et les dernières élections municipales. Cependant, Marseille a été classée parmi les villes les moins favorables à la pratique du vélo, recevant la pire note dans un classement récent.
Le plan vélo de la Métropole Aix-Marseille-Provence, qui vise à aménager 130 kilomètres de pistes cyclables d’ici 2025, a jusqu’à présent réalisé seulement 22 kilomètres. La seconde phase, prévue pour 2030, semble également rencontrer des difficultés.
La situation actuelle soulève des questions sur l’avenir de la mobilité dans le sud de Marseille, alors que les habitants se préparent à une rentrée qui pourrait s’avérer chaotique.
Source : Actu.fr

