La bière hydrate-t-elle réellement malgré l'alcool ?

La bière hydrate-t-elle réellement malgré l’alcool ?

Lorsque les températures grimpent, il est tentant de boire une bière fraîche pour se désaltérer. « Attention, désaltérer ne signifie pas hydrater », rappelle Jérôme Caradec, diététicien-nutritionniste. Une bière désaltère, c’est-à-dire qu’elle calme la sensation de soif, mais cela ne veut pas dire qu’elle hydrate aussi efficacement que l’eau.

La bière est principalement composée d’eau, représentant environ 85 à 95 % de son volume, selon le type. Elle contient également du malt, généralement d’orge, du houblon et de la levure, ainsi que d’autres céréales comme le blé ou le seigle. Pendant la fermentation, les levures transforment une partie des sucres du malt en alcool et en dioxyde de carbone, responsable des bulles. « La bière apporte également de petites quantités de minéraux, comme le phosphore et le magnésium, ainsi que des vitamines du groupe B (B3, B6 et B9) », précise le spécialiste.

Contrairement à une idée reçue, une bière n’est pas forcément déshydratante. Une étude publiée en 2014 dans Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism a montré qu’une bière classique (4,6 % d’alcool) est moins efficace que l’eau ou une bière sans alcool pour réhydrater l’organisme. Les chercheurs ont observé que la bière classique entraînait davantage de pertes urinaires que l’eau ou la bière sans alcool. « En revanche, diurétique ne signifie pas forcément déshydratant », ajoute Caradec. Une augmentation de la production d’urine ne conduit pas systématiquement à un bilan hydrique négatif.

L’alcool, quant à lui, n’hydrate pas et tend plutôt à favoriser la déshydratation. « L’alcool agit sur une hormone appelée vasopressine, essentielle à la régulation de l’eau dans l’organisme. Son rôle est de signaler aux reins de retenir l’eau. Or, l’alcool inhibe la libération de cette hormone : les reins réabsorbent donc moins d’eau et produisent davantage d’urine », explique le diététicien.

Une bière sans alcool peut constituer une alternative intéressante lorsqu’on souhaite se désaltérer. « Elle conserve son pouvoir désaltérant et participe à l’hydratation, sans les effets diurétiques liés à l’alcool », confirme Caradec. Cette consommation doit rester occasionnelle et respecter les repères de Santé publique France : pas plus de deux verres par jour, pas tous les jours, et pas plus de dix verres par semaine. En période de fortes chaleurs ou après un effort physique important, l’eau reste la boisson de référence pour compenser les pertes hydriques.

Source : Santé Magazine

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